Des touristes paniqués la première nuit

« Quand on a été réveillés par deux grosses explosions, dans la nuit de vendredi à samedi, on ignorait qu’il s’agissait d’une attaque. Nous avons rapidement reçu comme instruction de nous éloigner des fenêtres des chambres. Avec mon papa de 93 ans et les autres proches, on s’est empressés de descendre les 8 étages qui nous séparaient de la réception de l’hôtel. Histoire de se mettre en sécurité. Le hall était bondé, et les clients paniqués. Un simple bruit de claquement de porte a entraîné un mouvement de foule… », nous raconte Katty.

Katty Grulois devant le plus haut gratte-ciel du monde, la tour Burj Khalifa.Katty Grulois devant le plus haut gratte-ciel du monde, la tour Burj Khalifa.Katty devant le plus haut gratte-ciel du monde, la tour Burj Khalifa. ©D.R

Le calme du personnel tranchait avec les scènes de chaos et l’inquiétude qui se lisait sur les visages des clients de l’hôtel. « Des gens dormaient par terre dans le sous-sol de l’établissement, où l’on nous a invités à descendre. Mes filles étaient en pleurs », précise cette maman de deux enfants, qui se souvient ensuite avoir aperçu un important dégagement de fumée en visitant l’iconique tour Burj Khalifa (NDLR : la plus haute du monde, culminant à 828 m).

Le dimanche 1er mars a, sans conteste, été la plus rude à vivre pour cette famille originaire de Tournai et d’Antoing. « Nous sommes restés confinés sur les conseils de la direction de l’hôtel. Je ne suis pas de nature angoissée mais ce n’est pas le cas de certains de mes proches. Ce jour-là, on a entendu cinq détonations dans le ciel. Des explosions provoquées par la neutralisation de missiles iraniens. » Sur place, plusieurs débris de missiles ou de drones bourrés d’explosifs ont causé des dégâts à un hôtel de l’île artificielle The Palm, à l’aéroport international de Dubaï…

Des déflagrations effrayantes mais une vie presque normale…Hôtel Fairmont DubaiHôtel Fairmont DubaiL’hôtel Fairmont (5 étoiles) de Dubaï a été touché par des débris de missile. ©Com

Face à cette situation de guerre au Moyen-Orient, un climat de psychose aurait pu s’emparer des rues de la ville ultramoderne. Aussi étrange que cela puisse paraître, aucun endroit n’est véritablement déserté. « Honnêtement, on ne se sent pas en danger. Tout le monde ici nous rassure quant au fait que l’on est en sécurité, confie Katty. Les rues ne sont pas vides, les ouvriers et employés travaillent normalement, les magasins sont ouverts… Un quotidien presque normal. D’ici la fin de notre séjour, on a plusieurs excursions qui sont programmées. Ça nous permettra de nous changer les idées. »

Alors que de nouvelles déflagrations ont résonné dans le ciel, ce lundi, et que des avions militaires ont été aperçus, la famille de Katty, comme tant d’autres vacanciers, est toujours dans l’incertitude de savoir si elle pourra prendre son vol pour la Belgique, mercredi. L’espace aérien est, pour rappel, toujours fermé.

« Nous sommes enregistrés sur le site belge des affaires étrangères. On nous demande de suivre les instructions au fil des jours. Aujourd’hui, aucun avion ne décolle de Dubaï. Ici, on a reçu un mail indiquant qu’en cas d’annulation de vol, tous les frais (nuits d’hôtel, nourriture, billets d’avion…) liés à notre blocage sur place seront pris en charge par le gouvernement des Émirats arabes unis », nous dit la touriste tournaisienne.