Cinq fois championne du monde de danse sur glace, championne olympique en 2022, une médaille d’argent aux JO 2018… En plongeant dans le palmarès de Gabriella Papadakis, on serait tenté de penser que la patineuse a raccroché le cœur léger en 2024, comblée par une carrière heureuse et prolifique. En ouvrant son livre, « Pour ne pas disparaître » (Robert Lafont), on comprend tout l’inverse.
Sa relation avec sa mère, qui a également été sa première coach, a été difficile et son rapport à son sport devient lui aussi vite ambigu. Patiner la rend heureuse, mais elle découvre dans la danse sur glace un catalyseur des injonctions à la beauté et à l’ultraféminité à l’opposé ce qu’elle aime être, « un garçon manqué ». Le mal-être s’installe.
A 10 ans, elle décroche le gros lot avec Guillaume Cizeron. Les patineurs sont une denrée rare, alors elle s’y accroche. « Au début on était les meilleurs amis, on s’entendait super bien. » Mais au fil des années, la relation se dégrade. Gabriella Papadakis se sent en retrait et sous emprise, jusqu’à se sentir terrorisée par la présence de son partenaire, dont elle s’est séparée après leur sacre olympique.
La patineuse française évoque également sa reconstruction après deux viols lors de son adolescence, l’un dans la sphère privée, l’autre commis par un entraîneur bien plus âgé qu’elle. Deux épisodes qu’elle a mis du temps à comprendre et à nommer. Pour 20 Minutes TV, elle a accepté de raconter son histoire. Pour servir de boussole aux jeunes patineuses qui doutent comme elle de la légitimité de leur mal-être. Et pour ne pas disparaître.
Retrouvez le témoignage de Gabriella Papadakis dans la vidéo en haut de l’article, ou en replay dans l’émission « Story ».