Paracétamol Challenge, le défi dangereux à la mode sur TikTok : « C’est mortel »
L’affaire a pris de l’ampleur après qu’un tiktokeur flamand a vivement critiqué ces livestreams et conseillé aux jeunes participants de se rendre à la police. Sa vidéo a été vue plus de 600 000 fois et a récolté plus d’un millier de réactions dénonçant des défis allant trop loin.
Derrière le pseudonyme d’ISAE se cache Yasser Ghermaoui, un Néerlandais de 28 ans qui publie vidéos et livestreams sur sa vie quotidienne depuis 2020. Il comptabilisait plus de 230 000 abonnés sur YouTube et des dizaines de milliers sur TikTok. Une audience en grande partie composée de jeunes, aux Pays-Bas comme en Flandre.
Ce n’est pas la première fois que Yasser Ghermaoui fait parler de lui. Mi-mai, une de ses opérations caritatives dans un restaurant du quartier du Pothoekstraat à Anvers, censée récolter des fonds pour un jeune patient atteint d’un cancer, avait dégénéré en émeute. Plusieurs centaines de jeunes s’étaient rassemblés place de l’Opéra, jetant œufs, trottinettes, pierres et feux d’artifice sur des bâtiments et les forces de l’ordre. Sept personnes, dont six mineurs, avaient été interpellées. L’influenceur avait quitté la ville avant la fin de la soirée.
Un an plus tôt, en 2025, Yasser Ghermaoui avait par ailleurs été placé en détention préventive à la prison de Lantin, soupçonné d’avoir lui-même commandité l’incendie de sa propre Mercedes de luxe dans le parking souterrain d’un immeuble à Hasselt. Une affaire de fraude à l’assurance dans laquelle plusieurs suspects ont depuis été arrêtés.
Zone grise
Reste la question centrale : ces défis sont-ils punissables par la loi ? Selon Joep Lindeman, professeur de droit à l’Université d’Utrecht, tout dépend du contexte. Un défi sale ou désagréable ne suffit pas, en soi, à caractériser une infraction pénale. « Si vous n’êtes pas littéralement contraint et que vous le faites volontairement, ce n’est en principe pas punissable », explique-t-il à RTL Nieuws.
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Du côté belge, la spécialiste des droits humains Sofie Royer (VUB) tient un discours similaire. Selon elle, les défis d’ISAE se situeraient « dans une zone grise », tout en reconnaissant que la pratique « paraît clairement problématique », notamment parce qu’elle cible et rémunère des adolescents de 13-14 ans.