Le ministère public souligne qu’une autre sœur a également évoqué des relations sexuelles avec le prévenu, ce que celui‑ci conteste, parlant d’une relation « normale ».
Sous emprise
La partie civile, représentée par Me Discepoli, décrit au contraire une emprise installée très tôt : la relation aurait débuté alors que la victime n’avait que sept ans. L’avocate évoque un climat de peur, des scènes traumatisantes et une adolescente persuadée que ce qu’elle vivait était « normal », car son frère le lui répétait. Un autre membre de la fratrie qualifie François de « manipulateur ».
En 2014, la jeune femme rencontre celui qui deviendra son mari. Elle tente alors de dissimuler cette relation à son frère, mais des épisodes violents auraient encore eu lieu jusqu’en 2016.
Plainte en 2022
Le parquet estime que les éléments du dossier confirment la prévention de viol. Il rappelle aussi le poids du tabou dans cette famille où les relations intrafamiliales ne sont jamais évoquées, ce qui a compliqué les débuts de l’enquête. La plainte n’a été déposée qu’en juin 2022, lorsque la victime a finalement trouvé la force de se rendre à la police.
Au fil des auditions, plusieurs proches décrivent une emprise du grand frère. L’un d’eux affirme avoir surpris François sortant précipitamment de la chambre de la victime après l’avoir entendue crier. La mère aurait également découvert des traces suspectes sur les draps de sa fille.
Pour le ministère public, le prévenu minimise les faits en parlant de relations consenties. Une peine de cinq ans, assortie d’un sursis probatoire et d’une interdiction de contact, est requise.
Duo inséparable
La défense, portée par Me Valentine Crombé, évoque pour sa part un duo inséparable donnant l’impression de vivre comme un couple. Elle souligne l’absence de témoins directs de violences sexuelles et demande de limiter la période infractionnelle aux années 2012‑2016, en raison de contradictions au sein de la famille et des aveux de son client. Elle rappelle enfin que le psychiatre estime le risque de récidive faible et plaide pour une suspension probatoire. Le ministère public s’y est opposé.
Marié et père de famille, le prévenu est libre.
Jugement le 30 mars.