Une arrivée de l’autre côté de l’Atlantique jugée assez tardive par certains mais sur laquelle Serge Pauwels n’a aucune inquiétude. « C’est planifié de la sorte par le département performance de l’équipe Visma | Lease a Bike depuis des mois, explique le sélectionneur belge. Après une Vuelta sur laquelle il ne s’est pas ménagé, il était prévu que Wout récupère avant de refaire un vrai bloc d’entraînement en Belgique. »

Mathieu van der Poel était à bord du même vol que Wout van Aert. ©PDV
Mais les cinq jours qui séparent l’installation à l’hôtel Mortagne de Boucherville et le départ de la course en ligne de dimanche suffiront-ils à parfaitement digérer le décalage horaire de six heures ? La règle populaire veut en effet qu’une journée soit nécessaire par différentiel d’une heure.
Une capacité d’adaptation au-dessus de la moyenne
« Cela vaut pour monsieur et madame Tout-le-monde, mais les sportifs de haut niveau ont une autre capacité d’adaptation à ce contexte, explique Kris Van der Mieren, le médecin de Belgian Cycling. Pour eux, on parle plutôt d’une journée pour une heure et demie à deux heures de décalage. Nous avons mis en place un protocole interne afin d’aider les coureurs à s’adapter au mieux. Cela débute avant même l’arrivée au Canada : se coucher une heure plus tôt, avancer un peu le timing des repas… Ils se sentiront un peu plus faibles les deux premiers jours, mais vendredi ou samedi, ils devraient déjà être en pleine forme physique pour réaliser une performance optimale dimanche. Cette acclimatation est la résultante de plusieurs facteurs : physiques, hormonaux, mais aussi mentaux. Les gars qui sont au Canada depuis plus longtemps sont effectivement mieux adaptés à ce changement de biorythme, mais ceux qui ont atterri mardi ont l’avantage d’avoir pu passer un peu plus de temps en famille. Quand on a des enfants (NdlR : comme van Aert), cet équilibre mental est aussi important. »
Pour Van der Mieren, un autre paramètre important joue en faveur de van Aert, Nys et Vermeersch. « L’impact d’un voyage dans ce sens-ci, vers l’ouest, est deux fois moins impactant que lorsqu’on le réalise dans l’autre sens en raison des adaptations physiologiques. Le biorythme est très finement régulé et il est toujours plus simple et relativement naturel de prolonger une journée plutôt que de devoir la raccourcir. »