« L’Iran se tire une balle dans le pied »: le commerce mondial en alerte après les attaques au Moyen-OrientUn constat historique
« Ce que je vais vous dire, on est très peu à le dire et à le penser », annonce-t-il ensuite. Il explique alors ne pas être d’accord avec une grande partie de la diaspora iranienne, que l’on voit « jubiler pendant les manifestations autour du fait que les Américains et les Israéliens ont attaqué l’Iran ». Cela ne fait pas de lui un pro-régime, se défend-il d’emblée. Au contraire, « on était les premiers à quitter ce régime », rappelle-t-il.
Son point de vue s’appuie sur une analyse des changements géopolitiques apportés par l’Occident, les Américains ou les Israéliens ces 40 dernières années dans la région. « Ils disent chaque fois qu’ils viennent nous libérer, nous apporter la démocratie. Mais il suffit d’analyser ce qui se passe aujourd’hui en Syrie, en Irak, ou en Afghanistan pour voir que ce ne sont pas vraiment des pays démocratiques et libres…, constate-t-il. Je n’ai aucune sympathie pour ce régime, mais j’ai peur que l’Iran devienne un Afghanistan ou une Syrie. Ce sera encore pire pour les Iraniens du pays. »
L’arme à double tranchant de l’IranLa mort de l’Ayatollah, « contre-productive »
Pour cet expatrié iranien, un changement de régime est indispensable, mais il ne devrait donc pas être imposé de l’extérieur. « On ne veut pas de guerre imposée, on veut que ce soit les gens de l’intérieur de l’Iran qui fassent eux-mêmes le travail », soutient-il.
Interrogé à propos de la mort de l’Ayatollah Khamenei, notre témoin juge cet assassinat « contre-productif ». « Il a eu la meilleure mort qu’il pouvait avoir. Il ne faut pas oublier que c’était un soldat, un patriote et maintenant, c’est devenu un martyr. Au sein de la population iranienne, qui est majoritairement chiite, il est mort en héros », justifie-t-il. Pour lui, Israël et les États-Unis auraient dû le laisser vivre. « À 86 ans, il était de toute façon mourant. »
L’expatrié iranien craint que celui qui remplacera l’Ayatollah Khamenei sera probablement beaucoup plus jeune et féroce que lui. Il souligne aussi que le guide suprême avait émis une fatwa (une loi) interdisant la production, le stockage et l’utilisation d’armes nucléaires. « Celui qui va le remplacer pourra désormais le faire », souligne-t-il.
Aujourd’hui, l’inquiétude d’une partie de la diaspora et de la population iranienne se résume à la question suivante : « Que va devenir l’Iran ? » « On est un peuple cultivé, mais si demain tout est laissé à l’abandon et que, comme en Afghanistan, on interdit l’école aux filles, c’est une catastrophe, déplore-t-il. J’espère simplement que tout cela finira le plus tôt possible, pour qu’il y ait le moins de morts, que ce soit en Israël ou en Iran, parce qu’un innocent qui meurt, c’est un innocent de trop », conclut-il avec espoir.
La mort de l’ayatollah Ali Khamanei marque-t-elle celle du droit international ?