Avec Pocognoli, l’Ecosse veut faire sa révolution
Engager un étranger n’était arrivé qu’une fois dans l’histoire de la sélection écossaise, avec Berti Vogts (2002-04). Pocognoli a expliqué lors de sa présentation qu’il a lui-même demandé si cela pouvait constituer un problème. « Je ne relève un challenge que si je coche toutes les cases, et le fait d’être belge était une question. Cela aurait été égoïste de ma part de ne pas le demander. » La Fédération l’a donc rassuré sur ce point. Nos interlocuteurs aussi.
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Je ne pense pas qu’il faille renoncer à un étranger parce que cela avait été un échec avec Vogts.
« On avait besoin d’un vrai changement, explique Joel Sked, journaliste pour le Hearts Standard. Le public a même accueilli positivement le fait qu’il soit étranger ; car aucun nom écossais ne ressortait. » « Cela ne s’était pas très bien passé il y a une vingtaine d’années avec Vogts, poursuit Michael Grant. Donc, pendant longtemps, on s’est dit ‘On a essayé un étranger et ça n’a pas fonctionné’, ce avec quoi je ne suis pas d’accord, car il y a beaucoup de coachs non-écossais qui pourraient amener un plus à notre sélection. Mais il n’y a vraiment pas eu, ou peu, de remarques négatives sur le fait que Sébastien n’est pas du pays. »
Il a tapé dans l’œil de l’IA
L’autre reproche aurait pu concerner son jeune âge et sa relative inexpérience. Mais cela n’est pas perçu comme un problème non plus, à en croire nos interlocuteurs. « Le « chief football officer » de la Fédération, Craig Mulholland, a beaucoup recours aux data. Il a expliqué que c’est la première fois qu’elles ont été utilisées à ce point pour recruter le manager de la sélection, détaille Joel Sked. Cela a renforcé le sentiment positif des supporters, qui ont été rassurés de voir que ce choix s’appuie vraiment sur un CV, des chiffres et qu’il n’a pas été fait juste par facilité. » L’IA a été utilisée pour resserrer la sélection de candidats jusqu’à choisir le Belge, après avoir passé un entretien, évidemment, a également expliqué Craig Mulholland.
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Supporters et médias ont accueilli positivement le fait qu’il soit jeune.
« On voit souvent beaucoup d’enthousiasme sur les réseaux sociaux lorsqu’on entend que les clubs écossais veulent signer un jeune entraîneur, poursuit Michael Grant. Probablement parce qu’ils estiment qu’il n’y a pas vraiment d’Écossais renommé ou qui conviendrait. Donc, les supporters et les journalistes ont plutôt accueilli positivement le fait qu’il soit jeune. » « Il y a un élan d’enthousiasme autour de son arrivée, dit carrément Joel Sked. On s’attend à un football plus proactif. »
Chez les joueurs aussi, à en croire Nicolas Raskin, qui a évoqué le sujet chez les Diables : « Des équipiers m’ont interrogé. Ils sont contents d’avoir un coach un peu plus jeune, plus moderne, avec de nouvelles idées. Selon moi, il a déjà prouvé que c’était un bon entraîneur. Je lui souhaite le meilleur, mais ce ne sera pas facile. Vous savez, l’Écosse, c’est exigeant. Ça vit, ça mange et ça dort football. »
Nouvelle vague de joueurs
Comme espéré, le Liégeois de 39 ans a repris sept joueurs qui n’avaient jamais été appelés en sélection pour cette fenêtre internationale. Deux autres qui n’étaient pas présents au Mondial sont cette semaine à La Manga, où l’Écosse – ce n’est pas une première – prépare ses quatre premiers matchs de Nations League contre la Slovénie, la Macédoine du Nord et la Suisse.
« Tout ce que je viens d’expliquer dépendra des résultats, conclut Michael Grant. Vous connaissez le football. Selon moi, il arrive à un bon moment. L’Écosse coorganise l’Euro 2028 et il est assez probable qu’on se qualifie (NDLR : les nations hôtes ont des chances de qualification supplémentaires). Nous n’avons jamais, jamais franchi le premier tour d’un tournoi. » Si Poco est le premier à réussir à emmener la « Tartan Army » un cran plus loin, l’expérience belge sera qualifiée de « successful » à Edimbourg. Et l’ex-défenseur aura parfaitement relancé sa carrière après l’épisode monégasque.