Le Prozac devient une denrée rare. L’Agence nationale du médicament (ANSM) a indiqué, vendredi 25 septembre, que l’antidépresseur est touché par des tensions d’approvisionnement. « Les médicaments à base de fluoxétine (Prozac et génériques), gélules et comprimés, sont concernés par des tensions d’approvisionnement en lien avec des difficultés temporaires de production », explique dans un communiqué, l’ANSM qui a demandé aux laboratoires d’augmenter leurs capacités d’approvisionnement. L’ensemble des stocks, même ceux de sécurité, doit également être mis à disposition.
Cette baisse des quantités s’explique notamment par la délocalisation de la production des principes actifs et par des prix parfois jugés insuffisamment rémunérateurs par l’industrie pharmaceutique. Face à ce constat, un contingentement quantitatif et une interdiction d’exporter ont été mis en place. Par ailleurs, « les initiations doivent être réservées en priorité aux épisodes dépressifs chez les enfants à partir de 8 ans et les adolescents ». Une remise à disposition des approvisionnements industriels est attendue pour fin septembre et une normalisation de la situation est prévue pour mi-octobre au niveau des pharmacies.
La consommation d’antidépresseurs en France inférieur à la moyenne de l’OCDE
La fluoxétine est un médicament antidépresseur de la famille des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS), plus connu du grand public sous son ancien nom commercial d’origine, le Prozac. Elle est prescrite pour des épisodes dépressifs majeurs, des troubles obsessionnels compulsifs (TOC), de la boulimie nerveuse ou un trouble dysphorique prémenstruel (TDPM).
En France, la consommation d’antidépresseurs a été multipliée par 6,7 en France entre 1980 et 2001. Mais, contrairement aux idées reçues sur les psychotropes (où elle se distingue pour les anxiolytiques), la France se situe dans la moyenne basse des pays de l’OCDE et s’est même stabilisée depuis une dizaine d’années. En 2022, 61 doses journalières pour 1 000 habitants étaient consommées, bien loin de l’Islande et ses 165 doses quotidiennes.