Le Centre de Loisirs des Franches-Montagnes perd à nouveau sa directrice. Sylvie Michaud, en poste depuis septembre 2024, a annoncé son départ « pour raisons personnelles », rapporte ce mardi le journal Le Franc-Montagnard. La liste commence à être longue : c’est le quatrième départ à la direction du CLFM en seulement six ans, depuis fin 2019 et l’éviction surprise de Cornelia Berberat. Dans le même temps, le déficit de l’établissement ne baisse pas puisque 1,4 million de francs de pertes sont évoqués pour l’exercice 2025-2026. Cette instabilité à la direction, ajoutée au déficit chronique, ravive les interrogations au sein des communes franc-montagnardes qui sont actionnaires majoritaires. « S’il y a un changement aussi fréquent, c’est qu’il y a forcément un problème », lâche un maire franc-montagnard qui reconnait aussi faire face à des questions « légitimes » de sa population. « Problème il y a », souffle un autre maire concerné qui décrit un « navire pas évident à remettre à flot » entre les problèmes de direction et un amortissement de la dette toujours plus lourd. Vice-présidente du Conseil d’administration, Sarah Gerster refuse de s’étaler sur les raisons du départ « qui sont personnelles », et explique en partie cette instabilité par un « manque d’attractivité de l’employeur face à des conditions proposées ailleurs pour d’autres postes ». 

Pour solutionner le problème, elle reconnait que le CA va devoir réfléchir « à quel point la proximité des candidats, et leur ancrage local, doit peser dans le choix final ». Fin 2021, lors du départ avec fracas du directeur d’alors Fabio Monti, le Conseil d’administration évoquait des « attaques incessantes et abusives de vieux fantômes ».

La directrice usée par les critiques ?

Est-ce que ce jeu d’influence a toujours cours et expliquerait encore les dernières démissions ? « Le problème s’amenuise, mais il n’y a quand même pas une seule assemblée où d’anciens responsables ne parlent pas de la dette du CL », glisse un maire qui évoque une « page lourde et difficile à tourner ». Et d’ajouter : « je pense que la directrice actuelle a été usée par ce genre de critiques ». Sylvie Michaud, que nous avons tenté de joindre, n’a pas répondu à nos sollicitations. Les communes franc-montagnardes, qui épongent le déficit, ne devraient pas en rester là. Il y a deux ans, après la démission de l’ex-directrice Iovka Kouzmova, le Syndicat des communes des Franches-Montagnes (SCFM) avait affirmé qu’il veillerait au grain. « Il y aura forcément une nouvelle discussion », prévient ce mardi l’un des maires. Contacté, le président du SCFM André Tschudi confirme : le Conseil d’administration du CLFM sera invité à une assemblée des maires ce printemps. Pour évoquer les nouveaux statuts, mais aussi l’instabilité à la direction et la « répartition de la prise en charge du déficit ». On apprend également dans Le Franc-Montagnard que le président du Conseil d’administration Michael Joly démissionne, lui, pour raisons professionnelles, mais restera membre du CA, après avoir été nommé à la direction de la division commerciale du CEJEF en remplacement de Raphaël Ciocchi devenu ministre. /jpi