L’architecte Matthieu Poitevin a été suspendu par l’École nationale supérieure d’architecture de Marseille (Ensa) où il est enseignant, selon une information du journal Le Monde confirmée par La Provence. Le ministère de la Culture qui a diligenté une enquête interne précise que l’Ensa « a été destinataire ce 9 février d’une plainte, adressée au procureur de la République, par une ancienne étudiante de l’école, à l’encontre d’un professeur titulaire, pour des faits datant de 2017 ». La jeune femme y dénonçait « des comportements inappropriés qui auraient eu lieu à l’école mais aussi sein de l’agence d’architecture ».

Matthieu Poitevin est le fondateur à Marseille de l’agence Caractère spécial, à l’origine notamment de la réhabilitation de la Friche la Belle-de-Mai, mais aussi du Grand T à Nantes ou encore du Centre national des arts du cirque à Châlons-en-Champagne. « Je ne suis même pas au courant, c’est une cabale, plaide l’architecte. Il y a une volonté de me nuire. Comment me défendre alors que je ne connais même pas la personne en question ? »

Le 9 février, l’Ensa a également reçu un signalement de la part d’une autre étudiante qui affirme ne plus souhaiter « assister aux enseignements de cet enseignant en raison d’humiliations répétées ». La direction de l’école en a donc informé le ministère de la Culture, tutelle de l’Ensa de Marseille et employeur du professeur, qui a « immédiatement réagi en prononçant par arrêté du 11 février 2026, la suspension de fonctions à titre conservatoire du professeur dans l’intérêt du service pour une durée maximale de quatre mois ».

« Une volonté de tuer ma crédibilité »

Matthieu Poitevin, né en 1965, fait ainsi l’objet d’une enquête interne réalisée, à compter de ce mardi 3 mars, par un cabinet d’avocats. Pour sa défense, l’architecte dénonce « un tissu de mensonges » et tient à rappeler que les ateliers menés dans le cadre des cours sont encadrés par plusieurs enseignants. Il affirme également qu’une trentaine d’étudiants « sont prêts à témoigner de (sa) moralité ». « Je n’ai pas ma langue dans ma poche mais je n’ai rien fait, poursuit-il, blessé. Que l’on m’attaque sur mes valeurs ou mes prises de position, d’accord, mais là on m’attaque sur des choses que je ne peux pas prouver. »

Celui qui est aussi le créateur de l’association Va jouer dehors, qui organise le Festival de la ville, officier des arts et lettres, regrette « le mal qui est fait. C’est un truc de fou, juste une volonté de tuer ma crédibilité, mon agence, 30 ans de travail et tout ce pour quoi je me bats ».

Le ministère fait savoir par ailleurs qu’il applique dans ses établissements « une politique de tolérance zéro à l’égard de tout comportement portant atteinte à la dignité, à l’intégrité physique ou psychologique des personnes ».