
Par Eva Risko
Publié le 28 septembre à 15h50
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Alors que les autorités politiques appellent à de nouvelles économies, quelle marge reste-t-il réellement aux ménages ? Dans le cadre de cette semaine spéciale « Budget : qui va payer ? », notre journaliste Corentin Simon est allé à la rencontre des habitants de Saint-Nicolas, aux portes de Liège. Dans cette commune marquée par la précarité, certains assurent devoir déjà compter chaque euro.
Avec 3.552 habitants au km², Saint-Nicolas est la commune la plus densément peuplée de Wallonie. Une ancienne commune industrielle où les difficultés liées au logement, à la mobilité ou encore à l’emploi pèsent particulièrement sur le quotidien.
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Plus de 430.000 Wallons, soit près d’un sur huit, vivent aujourd’hui dans ce type d’anciennes communes industrielles autour de Liège, Charleroi, Mons ou La Louvière. Alors que de nouvelles économies sont annoncées, RTL info a voulu savoir comment leurs habitants envisagent l’avenir.
Des fins de mois de plus en plus serrées
À Saint-Nicolas, le logement représente déjà une part importante du budget de nombreux habitants. Un appartement une chambre s’y loue en moyenne entre 700 et 850 euros par mois.
Priscillia, 30 ans, élève seule sa fille de 5 ans. Elle perçoit une indemnité de la mutuelle et loue un logement social pour 650 euros par mois. Une aide dont elle pourrait difficilement se passer. « J’ai une aide et ce n’est pas évident. Mais sans cette aide, je ne sais pas ce que je ferais. J’ai peur qu’à un moment donné, on vienne me dire : « Stop, on ne sait plus vous aider et tant pis. » Il faut tout le temps se priver de quelque chose pour avoir autre chose », confie-t-elle.
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Même constat pour Patricia, 64 ans, tout juste retraitée. Elle touche 1.700 euros de pension par mois, soit le montant de la pension moyenne en Belgique. Sur cette somme, 760 euros sont consacrés à son appartement une chambre. Il faut ensuite payer sa voiture et les dépenses du quotidien. « Il y a des fois où j’ai très dur d’arriver à mes fins, mais il faut faire attention. Quand on va faire les courses, il faut bien regarder les promos au kilo, au litre, etc. », explique-t-elle.
La voiture, une dépense devenue inaccessible
La mobilité constitue une autre difficulté. À Saint-Nicolas, 28 % des ménages ne possèdent pas de voiture, contre 24 % à l’échelle de la Wallonie.
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Pour Nathalie, 52 ans, qui paie 900 euros de loyer et dispose d’un revenu modeste, posséder une voiture est tout simplement hors de portée. Elle se déplace donc en bus. « Je ne pourrais pas financièrement avoir une voiture, ça coûterait beaucoup trop cher. Déjà le prix de l’essence, du diesel… Je préfère prendre les transports en commun. »
Pour certains, un effort supplémentaire dur à envisager
L’emploi est également au cœur des préoccupations. Le taux de chômage atteint 22 % à Saint-Nicolas, soit sept points de plus que la moyenne wallonne.
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Roméo, 47 ans, travaillait dans le secteur de la petite enfance avant de perdre son emploi il y a un an. Depuis, il cherche du travail sans parvenir à en retrouver. Avec la diminution progressive de ses allocations de chômage, son budget devient de plus en plus difficile à tenir. « Parfois, quand je dois faire mes courses, je demande à mon oncle de m’aider. Parce que je n’y arrive pas, tout simplement », raconte-t-il. Une situation qu’il vit d’autant plus difficilement qu’il souhaite retravailler : « Je déteste ne pas travailler, c’est une horreur. »
Alors que les pouvoirs publics cherchent encore à réaliser des économies, ces habitants de Saint-Nicolas redoutent désormais de devoir contribuer davantage à l’effort. Pour certains, pourtant, la marge semble déjà avoir disparu.


