Pour fêter le bicentenaire de l’aventure photographique et la 30e édition du festival de la quinzaine photographique nantaise (QPN) nous avons choisi d’orienter la thématique 2026 sur l’idée de Collection, d’où le titre », annonce Hervé Marchand, le directeur de la Quinzaine photographique nantaise. Ces deux événements associés, marqueurs du temps, vont inévitablement transporter les cœurs dans un voyage dans le temps. Et mener vers un grand écart entre le splendide noir et blanc des débuts de la photographie, et les couleurs foisonnantes des auteurs d’aujourd’hui.
Homme du passé mis à l’honneur, soulignons d’abord la présence ici d’Eugène Adget (1857-1927). Le photographe a consacré trente années à constituer une œuvre exceptionnelle, avec notamment ses reportages sur la disparition du vieux Paris. Son corpus est conservé par la BnF. C’est encore, à ce jour, une belle émotion transmise, que cette plongée dans le petit peuple parisien, et les ruelles et terrains vagues des quartiers populaires de l’époque. Confrère de cet ancien noir et blanc, a aussi été ressuscité Lucien Roy (1850-1841). Architecte de formation, le photographe s’intéressera plus aux bâtiments. Et comme il était originaire de Nantes, on y retrouve des vues de l’ancienne ville.
La photographe Delphine Blast explore le kanga, tissu emblématique de la culture swahilie en Afrique de l’est. Plus qu’un vêtement, le tissu est pour les femmes un langage avec des motifs et des messages. Explosant de couleurs et encartées dans des cadres sculptés à Zanzibar, les photographies sont comme transformées en objet. | QPN
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La photographe Delphine Blast explore le kanga, tissu emblématique de la culture swahilie en Afrique de l’est. Plus qu’un vêtement, le tissu est pour les femmes un langage avec des motifs et des messages. Explosant de couleurs et encartées dans des cadres sculptés à Zanzibar, les photographies sont comme transformées en objet. | QPN
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Ensuite, il suffira au regardeur de tourner la tête pour s’embarquer dans un autre monde. Et s’en remplir plein la rétine, avec le travail de Delphine Blast. Vibrations totales à travers un ballet de couleurs arborées par les femmes de l’Afrique de l’est, portant fièrement leurs tissus kanga. Encadrées dans des passe-partout eux-mêmes explosifs, les photos envoient leurs messages écrits en swahili. Dans le genre insolite et joyeux, on goûtera aussi sans retenue le travail de Joseph Ford. Parodiant le phénomène du mimétisme animal, ses personnages se fondent dans un décor où leurs vêtements épousent leur environnement.
Outre ces quatre auteurs cités auparavant, huit expositions sont rassemblées à l’Atelier, le cœur de la QPN. Et parmi elles, il y a Collection. Depuis trente ans, à chaque édition, nous acquérons des photos d’un auteur. Nous en exposons ici près de soixante-dix », indique Hervé Marchand. Intime, paysages, portraits, société… Un véritable patchwork témoigne de la richesse du fonds constitué de la QPN.
Joseph Ford fait tricoter des pulls sur mesure pour ses personnages. Lesquels les enfilent pour se fondre dans un décor étudié par le photographe, tel un mimétisme animal. « J’explore la tension entre l’individualité et la conformité, la consommation de masse et la création artisanale », explique Joseph Ford. | JOSEPH FORD
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Joseph Ford fait tricoter des pulls sur mesure pour ses personnages. Lesquels les enfilent pour se fondre dans un décor étudié par le photographe, tel un mimétisme animal. « J’explore la tension entre l’individualité et la conformité, la consommation de masse et la création artisanale », explique Joseph Ford. | JOSEPH FORD
Douze expositions dans la ville
Douze espaces et galeries nantaises accueillent la QPN : l’Atelier, rue de Chateaubriand, du lundi au samedi, de 13 h à 19 h et dimanche, de 11 h à 13 h 30. Centre Claude Cahun, 45, rue de Richebourg, du mercredi au samedi, de 15 h à 19 h. Château des ducs de Bretagne, 4, place Marc-Elder. Espace 18, 18, rue Scribe, du jeudi au dimanche, de 15 h à 19 h. Passage Sainte-Croix, 9, rue de la Bâclerie, du mardi au samedi, de 12 h à 18 h 30. Galerie Gaïa, 4, rue Fénelon, le mardi et mercredi, de 15 h à 19 h, et du jeudi au samedi, de 11 h à 19 h. La Générale, caserne Mellinet, 31, rue Gabrielle-Le-Pan-de-Ligny, du mardi au dimanche, de 14 h à 18 h. Ensa Nantes, 6, quai François-Mitterand. Pole associatif Désiré Colombe, 8, rue Arsène-Leloup. Galerie RDV, 16, allée du commandant Charcot, du mercredi au samedi, de 14 h à 19 h. Galerie Mostra, 41, rue Léon-Jamin, du mercredi au samedi, de 14 h à 19 h.