À l’occasion de la sortie du film d’animation, découvrez-en davantage sur le castor: ce rongeur semi-aquatique si emblématique. Considérée par certains comme un animal «nuisible» et braconné, cette espèce protégée est utile pour l’écosystème.
Un bâtisseur de zones humides. Le castor d’Eurasie (Castor fiber) est le plus gros rongeur semi-aquatique d’Europe. Longtemps chassé pour sa fourrure, il avait quasiment disparu du territoire national au début du XXe siècle. Cette espèce est à présent en expansion, grâce à des mesures de protection. Depuis 1968, elle est ainsi protégée partout en France. Aussi si vous portez atteinte à un castor ou à son habitat, vous pouvez écoper d’une amende de 150.000 € d’amende et de 3 ans d’emprisonnement.
Comment reconnaître le castor ?
Sa queue plate épaisse et écailleuse, utilisée comme gouvernail dans l’eau, est un très bon indice pour identifier ce mammifère. Elle mesure environ 30-40 cm et lui sert aussi d’appui lorsqu’il se redresse sur ses pattes arrières palmées. Mais le castor se reconnaît aussi à son pelage brun foncé, composé de poils longs, lui offrant l’imperméabilité, et un duvet qui joue un rôle d’isolant thermique. Sa truffe noire est aussi un critère d’identification.
Ce rongeur mesure 1,20 m de long peut peser plus de 30 kg. Son espérance de vie moyenne est de 7-8 ans.
Bon à savoir
Le castor peut être confondu avec le rat musqué mais celui-ci a une fourrure plus claire, une queue aplatie latéralement et des oreilles totalement poilues. Autre confusion possible: le ragondin. Cet animal est plus petit que le castor et sa queue est ronde, se rétrécissant en pointe.
Un herbivore qui vit en famille dans les milieux aquatiques
Le castor est 100% herbivore, il se nourrit de tiges, de bourgeons, de plantes aquatiques, de feuilles d’arbres ou d’arbustes, de jeunes écorces.
Il vit en petits regroupements de 2 à 6 individus (les parents et les enfants – portée de l’année et jeunes de l’année précédente), dans un terrier et sur un espace assez petit et bien délimité, compris entre 700 mètres et 3 km linéaires. Très territorial, il défend son fief des autres congénères.
Cet animal nocturne est présent sur les cours d’eau où sont présents des arbres et arbustes pour construire son habitat.
Un «ingénieur-architecte» qui façonne son environnement
Le castor est très ingénieux car il est capable de modifier son environnement pour l’adapter à ses besoins. Il construit ainsi des barrages en maîtrisant le niveau d’eau nécessaire, pour construire son habitat. Son terrier-hutte, avec une entrée sous l’eau, est bâti avec des branchages, des bouts d’arbres et de la boue et peut tenir plusieurs années. Le castor veille à le réparer régulièrement, à colmater les fuites détectées.
Un petit barrage de castors sur une rivière de montagne.
Ungureanu – stock.adobe.com
Si les barrages édifiés profitent aux familles de castors, ils sont aussi très bénéfiques pour l’écosystème. En créant ainsi des zones humides, le castor permet que d’autres espèces s’y installent.
Les retenues d’eau édifiées contribuent parfois à maintenir un certain niveau d’eau dans les ruisseaux durant les épisodes de sécheresse et améliorent la pénétration de l’eau dans le sol. Ces constructions réduisent également l’érosion des sol.
Le castor est utile à bien des égards mais la disparition des arbres des bords des cours d’eau menace l’espèce, tout comme l’homme, en raison de conflits (pièges et destruction de son habitat). Sans oublier des constructions hydroélectriques qui peuvent bloquer sa libre circulation.