
Publié le 03 octobre à 06h00
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Le boîtier reste celui d’une montre connectée classique. Pourtant, cette smartwatch chinoise embarque une pompe, un coussin d’air et un écran AMOLED de 1,92 pouce.
La santé connectée est un enjeu majeur pour l’avenir. Au-delà des opportunités économiques bien perçues par les entreprises, qu’elles soient gigantesques (Apple et Google) ou modestes (Withings), il y a un espoir pour le grand public : la prévention. Un mot un peu banal, mais qui est capital. La prévention permet de détecter des signaux d’alerte pouvant mener à des maladies lourdes, ce qui permet souvent de les éviter. Corollaire : une forte diminution du coût des soins de santé, une charge très lourde pour les finances publiques ; une forte diminution de la pression sur les travailleurs de la santé, médecins et infirmières en tête.
C’est pour toutes ces raisons qu’il est intéressant de suivre le développement de ce secteur technologique, tellement plus important que le nombre de pixels d’une nouvelle télévision. Après avoir évoqué le score de « résilience glycémique » de la station de longévité de Withings, place à la Watch D3 (449 €) de Huawei, une montre connectée qui mesure (réellement) la tension artérielle ! Il s’agit d’une cure d’amaigrissement bienvenue de la D2 sortie l’an dernier.

Une montre connectée élégante, presque comme les autres : seul le bracelet est particulier – RTL info

Seule la largeur du bracelet est inhabituelle : 25mm, contre 20mm sur la plupart des modèles – RTL info
Mesure-t-elle vraiment la tension artérielle ?
La réponse est oui, il s’agit d’une vraie mesure. Contrairement à d’autres montres connectées du marché qui tentent d’estimer la pression sanguine via des capteurs optiques (des petits LED qui clignotent rapidement sur le dos du boîtier), la Huawei Watch D3 intègre un véritable tensiomètre miniature. C’est un mini-brassard qui se gonfle sur le poignet.
Pour y parvenir, Huawei s’appuie sur une petite prouesse de micro-ingénierie : une pompe et un coussin d’air, intégrés dans une montre aussi grande qu’une Apple Watch ! La montre aspire l’air via de petites ouvertures situées sur le boîtier pour gonfler un coussin d’air (un « airbag » mécanique) intégré directement au bracelet. Ce bracelet vient ainsi compresser l’artère du poignet de la même manière que le brassard d’un médecin ou d’un pharmacien.
Cette compression physique est associée à un capteur et à un algorithme pour mesurer la tension systolique et diastolique. La fonction de suivi de la tension est officiellement reconnue comme dispositif médical (certification CE-MDR fièrement affichée par Huawei). Bref, c’est du sérieux…

Source : Huawei.com
Quelle précision ? En comparaison directe avec un tensiomètre médical de pharmacie à domicile, les résultats mesurés par la montre s’avèrent quasi identiques. Je l’ai comparé moi-même, la différence est minime (106/74 avec la montre, 107/73 avec un tensiomètre de bras).
Comment l’utiliser au quotidien ? Pour effectuer une mesure manuelle ponctuelle, il faut s’asseoir, activer la prise de mesure via la montre, et mettre idéalement le poignet sur le corps au niveau du cœur. Cela ne dure qu’une petite minute, la sensation de serrage est limitée, et en aucun cas douloureuse. Vous voyez alors, sur l’écran de la montre directement, puis sur l’application Huawei Health, les résultats. Le tout peut être suivi sur la durée, et montré à un médecin si nécessaire.
La montre permet également un suivi ambulatoire de la tension sur 24 heures : en journée, elle prend des mesures à intervalles réglables, et la nuit, le coussin d’air se gonfle automatiquement (mais plus silencieusement) pendant le sommeil – à voir si ça vous réveille, je n’ai pas essayé. Elle propose aussi une évaluation de la tension avant et après l’exercice physique.

Le bracelet en pleine action : il se gonfle mécaniquement avec une pompe miniature et serre le poignet ! – RTL info
Et le reste ?
En dehors de la prise de tension, cette Watch D3 de Huawei ressemble assez bien à ce que propose la plus classique Watch GT7 du constructeur : je vous renvoie donc vers mon test complet réalisé il y a quelques semaines.
Sur le plan technique, la Huawei Watch D3 adopte un format rectangulaire à la finition exemplaire, comme toujours avec Huawei. Le boîtier en alliage d’aluminium et de plastique affiche un profil de 11,3 mm d’épaisseur (comme de nombreuses montres connectées) et un poids contenu de 35 à 40 grammes. Elle est équipée d’un bel écran AMOLED de 1,92 pouce offrant une haute luminosité de 3.000 nits. Disponible en trois finitions – Noir, Or, ou Or Mocha, mon modèle de test –, elle s’accompagne d’un bracelet de 25,5 mm de large livré en deux tailles dans la boîte. L’appareil embarque également un haut-parleur, un microphone, une connectivité Bluetooth 6.0, un GPS intégré ainsi que la puce NFC pour le paiement sans contact (mais c’est un peu complexe, il faut passer par Curve Pay). Côté batterie, l’autonomie annoncée par le constructeur se situe entre 6 et 14 jours, pouvant grimper jusqu’à 18 voire 20 jours selon la fréquence d’utilisation au quotidien.

L’une des « watch face » de la montre affiche les derniers résultats des prises de tension, et leur évolution sur 24h – RTL info
Conclusion
La seule question à se poser avant d’acheter cette Watch D3 de Huawei (449 €) est la suivante : avez-vous besoin (ou envie) de commencer à surveiller facilement votre tension, à tout moment de la journée, sans devoir pour autant sortir le tensiomètre brassard et relever votre manche ? Si la réponse est oui, cette montre est la seule à proposer un tensiomètre au poignet dans une finition de montre connectée moderne et élégante, accompagnée de toutes les caractéristiques modernes du suivi de la santé et de l’activité physique. Il y a cependant quelques limites logicielles évoquées dans cet article, mais si vous cherchez avant tout un moyen discret de prendre la tension de jour comme de nuit, manuellement ou automatiquement, ces défauts n’ont aucune importance.