Leur forte présence sur les réseaux sociaux a permis de remettre les compotes pour enfants au goût du jour, et les moins de 30 ans en consomment de temps à autre, qu’elles soient de la marque concernée, ou de marques de supermarchés.
Cette habitude, typique des apéritifs, serait peu hygiénique« Une madeleine de Proust »
C’est notamment le cas de Clémence, 26 ans, qui en achète à nouveau depuis quelques années. « Cela fait partie des goûters que je mangeais déjà enfant », raconte la jeune femme. « Je n’en ai plus consommé quand j’étais adolescente parce que c’était un peu vu comme ‘gênant’ d’arriver à l’école avec sa compote », explique-t-elle.
« J’en ai racheté il y a quelques années car je trouve que les compotes sont des goûters plutôt sains, je fais souvent attention à les prendre sans sucre. Cela change un peu des biscuits et goûters traditionnels, mais aussi des fruits, et cela dépanne dans différents contextes. En plus, ça me rappelle les goûters d’enfant, donc il y a un petit côté madeleine de Proust », poursuit Clémence.
Pour Valérie Gheenens, psycho nutritionniste et gastronome santé, ce phénomène peut aussi être « symptomatique » de la volonté de manger vite, et de trouver un snack sain à base de fruits.
Voici ce qu’il faut absolument faire quand vous partagez vos plats au restaurant, selon une nutritionnisteFaire attention à la liste d’ingrédients
Mais peut-on consommer ce genre de compotes à l’âge adulte ? « Comme pour tout produit transformé, il ne faut pas nécessairement en consommer tous les jours », explique la nutritionniste.
Elle conseille tout de même de favoriser des aliments bruts pour les avoir « le moins transformés possible, avec moins d’additifs conservateurs et exhausteurs de goût, que dans certaines compotes industrielles ». « S’il y a des fruits dans ces compotes, il y a quand même une liste d’ingrédients qui ne se retrouveraient pas si on prenait la pomme et que l’on la faisait cuire quelques minutes, même au micro-ondes, pour la réduire en purée », souligne l’experte.
Valérie Gheenens prévient toutefois qu’un fruit écrasé présente une augmentation de son index glycémique. « On casse les fibres, et le sucre du fruit prend toute la place. Lorsqu’on le consomme, ce sucre va pénétrer beaucoup plus rapidement dans l’organisme, et faire donc monter l’index glycémique plus rapidement que s’il était freiné par les fibres, comme quand on croque dans une pomme », illustre-t-elle.
De plus, perdre l’habitude de croquer dans un fruit peut également avoir un impact sur la dentition. Que l’on soit plus jeune ou plus âgé, Valérie Gheenens rappelle que le geste de croquer permet de faire travailler les dents.
« Comme toute partie de notre corps, les dents vieillissent également. Si elles ne sont pas sollicitées, comme on le fait avec nos muscles, nos organes digestifs, notre cœur ou nos poumons, elles vont se détériorer beaucoup plus rapidement que si on prend l’habitude de croquer, de mâcher des aliments », affirme-t-elle
« Tout réduire en purée ne va effectivement pas aider notre dentition à rester en bonne santé », conclut-elle.