Tout d’abord, quel bilan tirez-vous de la première édition de « Parlons solutions » ?
Très positif, car nous ne nous attendions pas à recevoir des témoignages aussi nombreux. C’était passionnant de voir à quel point cette émission a pu servir de détonateur : des personnes sont venues avec des problématiques extrêmement variées. Et puis, il y a de la frustration. Car après ce premier numéro, force est de constater qu’aucune autorité politique n’a pris contact avec ces personnes pour mettre en œuvre leurs idées. C’est regrettable. Cela vaut aussi en dehors du monde politique : sur le plateau, des employeurs et des organismes de mise à l’emploi se sont parlé, puis plus rien.
Vous semblez très amer. Cela remet-il en cause le sens d’une telle initiative ?
Amer, non. Déçu, oui, profondément. Surpris ? Pas une seconde. Quand je vois depuis des années les débats politiques… il y a parfois un décalage entre la parole et l’action. Soyons clairs : le monde politique ne peut pas régler tous les cas individuels. Mais lorsque des propositions tout à fait concrètes peuvent améliorer la vie de centaines de milliers de personnes, il me semble que c’est le devoir d’une autorité politique de s’y intéresser, même si tout ne peut pas être mis en place immédiatement. Cela ne remet pas en cause l’opération « Parlons solutions ». Nous continuerons à permettre aux citoyens d’exprimer des solutions simples et concrètes.
À quoi peut-on s’attendre dans cette soirée sur le logement ?
Nous aborderons le coût des rénovations, les tensions entre propriétaires et locataires, l’accès à la propriété, les conditions d’octroi des prêts, entre autres. Ainsi que des initiatives comme les logements partagés et intergénérationnels.
Comment le prime sera-t-il organisé ?
Nous procédons comme lors de la première édition : nous recueillons les témoignages et nous identifions les problématiques. Ce sont les problèmes, les espoirs et les attentes des citoyens qui définissent la ligne éditoriale. Notre rôle de journalistes est de transformer ces témoignages en questions précises et d’obtenir des réponses. Il ne s’agit pas d’un débat politique classique. Les gens ne viennent pas demander ce qui a été fait hier ; ils veulent savoir ce qui sera fait demain.
Avec Nathalie Maleux, vous formez un bon duo à la présentation.
J’ai tendance à foncer tête baissée, à travailler dans une forme d’improvisation. Nathalie, elle, incarne la rigueur. Elle me rattrape parfois pour me dire de ralentir, de me poser. Nous nous partageons les rôles. À l’antenne, nous avons mis en place un mode de fonctionnement : à partir du moment où l’un de nous s’occupe d’un invité, l’autre lui laisse le champ libre. Il en résulte une belle harmonie, une forme de ballet.
« Parlons solutions », 4 mars, 20h20, la Une.