À bientôt 37 ans, Laura Weiss est une femme aux multiples facettes. Dans son appartement, une pièce est dédiée à sa micro-entreprise de couture, Gui’Sena, un nom poétique inspiré de ses trois filles. Derrière sa machine, elle gère un quotidien à cent à l’heure entre l’école et les activités de ses enfants. Autodidacte passionnée et très créative, elle s’est d’abord exprimée sur les réseaux sociaux via des vidéos de maquillage artistique, avant de découvrir la couture, qu’elle pratiquait pour le plaisir. « J’adore tout ce qui est manuel », confie-t-elle. Il y a deux ans, elle saute le pas pour en faire son activité principale, concevant elle-même son site et ses réseaux, et apprenant l’entièreté du métier grâce à des tutoriels sur internet. Un défi au quotidien : « Au début, c’est difficile de se faire connaître et d’en vivre », admet-elle après avoir investi beaucoup d’argent personnel. Pour rencontrer son public, elle participe à des marchés locaux. On pourra d’ailleurs la retrouver à Héricourt les 4, 5 et 6 décembre prochains.

Un univers artisanal, doux et réconfortant

Au-delà de son engagement solidaire, la marque propose un univers étendu et chaleureux. Laura confectionne, entre autres, des lingettes en coton réutilisables, des sacs, des bandeaux, ainsi que des coffrets de naissance complets avec vêtements pour bébés et attaches-tétines. Parmi ses créations phares, on trouve également des bouillottes sèches naturelles, parfumées à la cannelle ou à la lavande.

Des turbans solidaires pour préserver la féminité

Ayant elle-même des proches confrontés au cancer, Laura a voulu agir. Elle s’est lancé le défi de fabriquer bénévolement des turbans thérapeutiques. Initialement, elle tablait sur 20 pièces. Elle en a finalement cousu 25. Une prouesse logistique au milieu de sa vie de maman, puisqu’un seul turban nécessite environ une heure de travail minutieux : « La découpe, c’est le plus contraignant, explique l’artisane. Viennent ensuite l’assemblage du tissu extérieur, des doublures, puis les finitions esthétiques. »

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Pour ces modèles réversibles à deux motifs différents, Laura a choisi le jersey de coton. Un choix technique indispensable : la perte de cheveux liée à la chimiothérapie s’accompagne souvent de douleurs et de démangeaisons, rendant le cuir chevelu extrêmement sensible. Ce tissu doux et extensible apporte un confort absolu sans agresser la peau. L’objectif est double : allier bien-être et estime de soi. « Perdre ses cheveux, ce n’est pas perdre sa féminité », rappelle la couturière, avant d’ajouter : « On a le droit de se sentir jolie même en étant malade. »

Une vague d’émotions et de partage

Dans cette optique, Laura Weiss s’est rendue samedi dernier à la Marche rose organisée autour de l’étang des Forges à Belfort par la Ligue contre le cancer. Sur place, pas de distribution directe. En raison des stricts protocoles d’hygiène et de la fragilité immunitaire des patientes, les femmes en plein traitement ne pouvaient pas être présentes. Elle a cependant pu échanger longuement avec les marcheurs et des femmes en rémission. « J’ai ressenti beaucoup d’émotion en discutant avec toutes ces femmes. » Les 25 turbans gratuits seront transmis aux malades par l’intermédiaire des « patientes ressources », des femmes passées par la maladie qui accompagnent aujourd’hui les nouvelles patientes dans leur parcours de soins. Loin de s’arrêter là, la créatrice héricourtoise espère de tout cœur égayer leur quotidien et prévoit déjà de coudre une nouvelle série de turbans, en les adaptant cette fois-ci aux enfants.