Une série d’annulations en cascade

Leur premier vol Flydubai du 2 mars 2026 (Krabi – Dubaï) a été annulé en raison de la fermeture de l’espace aérien. Leur correspondance Emirates EK183 (Dubaï – Bruxelles) a également été annulée. Un nouvel itinéraire a ensuite été proposé mais le vol du 5 mars a lui aussi été supprimé pour les mêmes raisons.

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Un nouveau départ est actuellement replanifié pour le 6 mars avec une arrivée prévue le 7 mars, sans garantie à ce stade que ce vol sera maintenu.

Des frais qui s’accumulent

Depuis l’annulation de leur vol, les trois amis ont dû se reloger par leurs propres moyens, payer plusieurs nuits d’hôtel supplémentaires, couvrir l’intégralité de leurs frais de nourriture et de déplacement et conserver toutes les preuves de dépenses dans l’espoir d’un remboursement ultérieur.

« Malgré nos démarches, la situation devient extrêmement difficile », témoignent-ils. « Nous avons entrepris toutes les actions possibles : contact téléphonique et email avec l’Ambassade de Belgique à Bangkok, inscription sur la plateforme Travellers Online, contacts répétés avec les compagnies aériennes, recherche de vols alternatifs… »

Malheureusement, les seuls vols disponibles affichent des prix dépassant les 3 000 euros par personne. « Nous sommes parfaitement conscients que la situation actuelle dépasse le cadre habituel d’intervention des services consulaires. Toutefois, notre situation devient préoccupante sur plusieurs aspects », poursuivent-ils.

Un impact direct sur leur vie professionnelle

Cette immobilisation prolongée à l’étranger a un impact direct sur leur situation professionnelle. L’une exerce la profession d’infirmière dans une maison de repos et de soins pour la société Humani. L’autre est infirmière indépendante à titre principal et employée à la Commune de Namur comme maître-nageuse le week-end. Le troisième est militaire au sein de l’hôpital militaire de Bruxelles.

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« Nos employeurs ont été informés immédiatement de la situation. Néanmoins, les solutions proposées actuellement consistent uniquement à utiliser nos congés payés et récupérations d’heures, puis éventuellement des congés sans solde si la situation devait se prolonger. »

L’espoir d’une assistance officielle

Ophélie, Noélie et Lucas souhaitent rentrer au plus vite au pays pour retrouver leurs familles et reprendre leurs obligations professionnelles, mais également parce que leur situation financière devient préoccupante.

« Les dépenses imprévues liées au logement et à la nourriture continuent de s’accumuler alors que nous ne disposons d’aucune certitude quant à la date réelle de notre retour. »

Le trio espérait pouvoir bénéficier d’une assistance consulaire ou, à tout le moins, d’un document administratif confirmant qu’ils sont bloqués à l’étranger en raison de circonstances exceptionnelles indépendantes de leur volonté.

« Nous n’avons pas reçu de justificatif de la part de l’ambassade qui nous a dit de nous débrouiller avec nos compagnies et agence de voyages car eux ne savaient rien faire pour nos vols », poursuit Ophélie. « Les ressources humaines m’ont donc stipulé que dans le cas où l’Onem accepte un motif de force majeure, je pourrai obtenir 65 % de mon salaire pour les jours de travail prévu que je ne sais pas prestés. Je suis en attente d’une réponse de leur part. »

Chômage temporaire

Mercredi, le ministre de l’Emploi David Clarinval (MR) a rappelé qu’il est possible de se déclarer en chômage temporaire pour cas de force majeure dans ces situations.

« Je tenais à rassurer les ressortissants belges coincés à l’étranger en raison de la situation géopolitique en leur rappelant qu’ils peuvent activer un chômage temporaire pour cas de force majeure, qu’ils soient partis dans le cadre du travail ou pour des vacances. Un travailleur bloqué à l’étranger en raison de circonstances indépendantes de sa volonté ne doit pas se retrouver sans revenu. La situation est déjà suffisamment stressante que pour ajouter de l’angoisse au stress. C’est justement pour ce genre de situation que le mécanisme du chômage temporaire pour cas de force majeure existe. »