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« Cette affaire est extrêmement grave », commence la Finma, estimant que la banque, « par sa conduite et son organisation inadéquate », a fait peser des risques importants sur l’ensemble du système financier.

MBaer a fait transiter plus de cent millions de dollars par le système financier américain pour le compte d’acteurs illicites liés à l’Iran et à la Russie ».

Des liens « illicites » avec la Russie et l’Iran

C’est en réalité aux États-Unis que le dossier a explosé. « MBaer a fait transiter plus de cent millions de dollars par le système financier américain pour le compte d’acteurs illicites liés à l’Iran et à la Russie », a déclaré le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent, fin février.

Selon le Financial Crimes Enforcement Network (FinCEN), un des organismes de contrôle du Trésor américain, la banque aurait facilité des opérations de blanchiment d’argent pour des réseaux russes, sans donner plus de précisions. Mais ce n’est pas tout. Elle aurait aussi permis le financement d’organisations proches du Corps des gardiens de la révolution islamique en Iran et de sa force spéciale Al-Qods.

Des soupçons que les États-Unis prennent visiblement très au sérieux, d’autant plus dans ce contexte de guerre avec l’Iran. Le Trésor américain a donc proposé une mesure qui priverait MBaer de l’accès au système financier américain.

Concrètement, les institutions financières américaines n’ouvrent plus ni ne maintiennent plus de compte de correspondant pour la banque suisse. Ce type de compte permet notamment de réaliser des transactions en dollars et d’effectuer des paiements internationaux via les grandes banques américaines. Et sans cet accès, une banque devient pratiquement incapable de traiter certaines opérations internationales, notamment celles libellées en dollars.

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Dans les faits, une sanction pareille agit souvent comme une mise à l’écart du système financier mondial. C’est précisément pour cette raison que la menace américaine est redoutée par les banques du monde entier. Dans le cas de MBaer, elle aurait fortement pesé dans la décision des autorités suisses d’intervenir, selon les informations de Bloomberg.

Une banque sans garde-fous

Que s’est-il passé à l’intérieur de la banque ? L’enquête de la Finma décrit un établissement où les garde-fous auraient progressivement disparu. Selon le régulateur, la banque ne disposait pas d’une organisation suffisante pour lutter efficacement contre le blanchiment d’argent. Elle aurait même permis à certains clients de contourner le gel de leurs avoirs, sans donner plus de précisions.

Selon le rapport, environ 80 % des relations d’affaires de la banque présentaient un risque élevé. Plus récemment, 98 % des fonds entrants provenaient de clients jugés à haut risque. De plus, MBaer aurait joué un rôle dans la gestion de fonds liés à des systèmes de corruption impliquant la compagnie pétrolière publique vénézuélienne, explique Bloomberg.

Que va-t-il se passer ?

À l’heure actuelle, la banque ne va pas disparaître du jour au lendemain, mais la Finma a ordonné sa liquidation et confié sa gestion à des liquidateurs externes. De plus, le conseil d’administration a dû démissionner.

Suite à cela, les clients doivent désormais composer avec des restrictions strictes. Les paiements sont limités à 100 000 francs suisses par personne, et ne peuvent être effectués qu’en monnaie suisse.

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Il faut savoir que MBaer n’est pas une grande institution de la finance mondiale. Fondée en 2018, elle s’est spécialisée dans la banque d’affaires et la gestion de patrimoine pour entrepreneurs et familles fortunées. Elle a été fondée par Michael Baer, arrière-petit-fils de Julius Baer, fondateur du premier groupe suisse de gestion de fortune.

Et malgré sa jeunesse, la banque a trouvé sa place. Fin 2025, MBaer gérait tout de même 4,9 milliards de francs suisses d’actifs, pour environ 700 clients, avec un peu plus de 60 employés. Une taille modeste à l’échelle mondiale, mais visiblement suffisante pour attirer l’attention des régulateurs lorsque les flux financiers deviennent suspects.