Délaissés par les Affaires étrangères ?

Les Affaires étrangères belges affirment que près de 2 500 Belges sont dans une situation similaire, enregistrés en tant que voyageurs bloqués sur Travellers Online. « Il est important de rappeler à nos ressortissants que l’option à privilégier reste, lorsque c’est possible, le recours par leurs propres moyens aux vols commerciaux dès la réouverture des espaces aériens », estime le SPF Affaires étrangères.

Depuis l’annulation de leurs vols, les trois touristes ont dû se reloger à leurs frais, couvrant les dépenses en déplacement et nourriture. « On doit être déjà à plusieurs centaines d’euros de dépenses supplémentaires à ce qui était prévu. La situation devient extrêmement difficile », s’inquiète cette infirmière de maison de repos et de soins. Elle tient à conserver toutes les preuves de dépenses dans l’espoir d’un remboursement ultérieur. « Même si mes espoirs sont assez faibles sur ce point… »

Ophélie en compagnie de sa soeur et d'un ami sont bloqués en Thaïlande.Ophélie en compagnie de sa soeur et d'un ami sont bloqués en Thaïlande.Ophélie en compagnie de sa soeur et d’un ami sont bloqués en Thaïlande. ©DR

Ces touristes belges admettent se sentir pour le moins abandonnés par leur propre patrie. « Nous avons contacté l’Ambassade de Belgique à Bangkok, mais elle nous a répondu qu’on devait se débrouiller par nous-même », enchérit-elle. Et ce n’est pas le fait de profiter de quelques jours de vacances supplémentaires qui va les consoler. Car leur séjour prolongé a déjà un impact sur leur situation professionnelle. « Nos employeurs ont été informés immédiatement de la situation. Néanmoins, les solutions proposées actuellement consistent à utiliser nos congés payés et récupérations d’heures, puis éventuellement des congés sans solde si la situation devait se prolonger. Mon employeur affirme que l’Onem pourrait intervenir avec une compensation à hauteur de 65 % de mon salaire, mais ce n’est pas encore confirmé ». Sollicité par notre rédaction, l’Onem n’a pas pu analyser le cas précis d’Ophélie.

Le ministre de l’Emploi, David Clarinval, assure pour sa part qu’il est possible de se déclarer en chômage temporaire pour cas de force majeure dans cette situation, qu’on se déplace pour des raisons privées ou pour des raisons professionnelles. « Un travailleur bloqué à l’étranger en raison de circonstances indépendantes de sa volonté ne doit pas se retrouver sans revenu. La situation est déjà suffisamment stressante pour ajouter de l’angoisse au stress. C’est justement pour ce genre de situation que le mécanisme du chômage temporaire pour cas de force majeure existe », affirme-t-il.