Sagesse et résilience. C’est ainsi que l’on peut résumer l’état d’esprit de Marc Márquez après une entame de saison étonnamment difficile pour Ducati. L’Espagnol est certes resté le meilleur représentant de la marque au GP de Thaïlande, avec le rythme pour le podium dans les deux courses, mais il n’a pas pu se mesurer à Marco Bezzecchi.
« J’espère que ce qu’il s’est passé en Thaïlande était juste l’histoire d’un week-end », a confié Márquez ce mercredi, lors d’une conférence de presse organisée par son sponsor Estrella Galicia 0,0, et à laquelle Motorsport.com était présente.
Lors des dix jours passés à Buriram, Márquez n’a pu que constater l’avantage de Bezzecchi : « Au cours du week-end, j’ai eu les mêmes sensations que dans le test, les mêmes forces et les pièces problèmes. Il semble que c’est juste Bezzecchi et Aprilia qui étaient devant. »
Ducati a pourtant évoqué des conditions moins favorables pour le week-end de course que pendant le test, et le pneu arrière à la structure renforcée qui était apporté par Michelin à Buriram, et qui avait posé des difficultés à la Desmosedici à Mandalika l’an passé, a aussi été évoqué pour expliquer les difficultés de la marque, mais Márquez est loin d’en faire une excuse face aux Aprilia.
« C’est une bonne histoire à vendre, mais c’est la même [carcasse] que l’an dernier et nous avions fait un triplé. Dans les tests, même quand je faisais un time attack, je n’étais pas rapide. Je suis tombé en essayant d’égaler le rythme de course de Bezzecchi. Puis en course, quelque chose d’inhabituel s’est produit. »
Le pneu arrière de Marc Marquez après son abandon à Buriram.
Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
Márquez fait référence à sa jante cassée en passant sur un vibreur, alors qu’il n’a visiblement rien fait de différent des précédents tours et des autres pilotes. Des images publiées sur les réseaux sociaux ont montré Davide Tardozzi, le team manager de Ducati, se rendre lui-même sur place pour inspecter le vibreur, et il n’a rien décelé d’anormal.
Márquez préfère prendre ce coup du sort avec philosophie, en se félicitant surtout ne de pas avoir été désarçonné de sa moto : « En vieillissant, on réfléchit plus à ce qui aurait pu se passer, mais c’est vrai qu’on n’y pense pas en roulant. Dimanche, je n’avais pas vraiment confiance en ma chance, parce que j’aurais pu ne pas être là. Il n’y a tout simplement pas d’explication sur ce qu’il s’est passé, et je n’en cherche pas non plus. »
« Je ne me préoccupe pas trop de ce qu’il s’est passé parce que ça ne me rendra pas les points. Je ne pense pas que c’était de la faute de Michelin ou de la faute de la jante. Tardozzi est allé voir le vibreur et il était en parfait état. »
Je consacre juste mon temps au pilotage.
Márquez a affiché le même recul après la sanction reçue lors du sprint, quand la direction de course lui a intimé l’ordre de donner la tête à Pedro Acosta après un dépassement jugé trop agressif. Son calme a pu étonner sur le moment. « Je l’accepte mieux parce que j’ai 33 ans », plaisantait-il samedi. « C’est juste ça ! [rires] »
Marc Marquez a accepté sa sanction pour son dépassement sur Pedro Acosta.
Photo de: Rob Gray / Polarity Photo
Márquez ne veut pas perdre de temps à s’agacer de tels moments, et préfère en tirer les leçons pour la suite : « C’est la même chose [que l’abandon de dimanche], je ne m’en préoccupe pas, je consacre juste mon temps au pilotage. Les commissaires fixent toujours une limite, et maintenant ils l’ont un peu abaissée. Il faut s’adapter. C’est comme les penaltys au football, les mains qui n’étaient pas sifflées avant et qui le sont maintenant. »
« Maintenant, il faudra que les commissaires maintiennent cette limite. Il faudra utiliser le même seuil, mais chaque manœuvre est différente. J’ai conscience que la manœuvre de l’autre jour était limite, mais je n’ai pas cherché le contact. Dans le MotoGP actuel, il faut faire un blockpass. Peut-être que maintenant nous réfléchirons à eux fois à un dépassement pour éviter une pénalité. »
La même logique prévaut pour la condition physique de Márquez : comme pour son abandon de dimanche et sa sanction de samedi, il se veut résilient. Pendant le week-end de Buriram, il a reconnu avoir encore des limites physiques après sa blessure de l’épaule datant du GP d’Indonésie, ce qui l’empêche d’attaquer comme il souhaite le faire. Il espère retrouver vite son meilleur niveau, en acceptant de peut-être rester affaibli.
« Je suis toujours optimiste. J’espère que ce pourra être au Brésil, mais je dois d’abord être à 100% – mon nouveau 100%, qui ne doit pas nécessairement être celui de la saison dernière. »
Propos recueillis par Ruben Carballo Rosa
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