Atelier de production
Olga Kurylenko, Laurent Lafitte et Blanche Gardin, ici dans « Alter Ego ».
Vous le préférez chauve ou avec des cheveux Laurent Lafitte ? Finies les plumes, les strass et les paillettes. Loin de sa drag-queen dans La Cage aux folles, l’acteur récemment césarisé revient au cinéma, ce mercredi 4 mars, dans un double rôle sur mesure pour l’absurde nouvelle comédie des réalisateurs Nicolas & Bruno, Alter Ego.
Son histoire, c’est celle d’un certain Alex, un mec normal. Un job tranquille, un pavillon sympa et une épouse aimante (Blanche Gardin) : il n’y a pas à dire, la vie lui sourit, malgré une calvitie déjà bien avancée. Enfin, ça, c’était avant, avant qu’emménagent son nouveau voisin et sa femme dans la maison mitoyenne.
Même voix, même visage… Cet homme, Axel, c’est son sosie parfait. C’est lui, mais en mieux (avec une bonne poignée de poils sur le caillou en plus, le goût pour le sport, et une bien meilleure maîtrise des accords à la guitare). Ça tombe sous le sens. Mais pourquoi semble-t-il être le seul à le voir ?
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Est-ce que ce ne serait pas encore un tour de son petit problème d’estime de lui, comme se demande Nathalie ? Doit-on y voir le signe d’une dépression, d’un début de démence ou d’une psychose ? La méfiance va laisser place à l’obsession, pour détruire son équilibre en un temps record : une semaine, montre en main.
Laurent Lafitte, loser et winneur
Exploration sans limite de la névrose de son héros, le nouveau film du duo de réalisateurs (La Personne aux deux personnes, Le Grand méchant loup) est une petite pépite tordante, un vrai terrain de jeux où se déverse une vague de mauvaise foi, de frustrations et de coups bas sur fond de sarcasme contre l’injonction à réussir sa vie.
Une réussite (en dépit d’une chute un brin précipitée), qu’on doit en grande partie à la palette comique de son acteur principal, qu’il soit loser ou winneur. L’un est avachi, l’autre se tient droit. L’un parle avec entrain, l’autre est rabougri. « On s’est régalés à travailler et à différencier ces deux personnages au jeu », raconte Nicolas Charlet dans les notes de production.
La distinction ne s’est pas arrêtée là. Si le maquillage d’Alex est plus terne et creusé, les dents d’Axel sont, elles, plus blanches. Côté déco, aussi. Tout est plus clinquant chez le nouveau voisin : la voiture, les meubles, la couleur des murs. « Laurent s’est glissé dans l’écosystème des deux personnages avec délectation », ajoute Bruno Lavaine.
L’ex-sociétaire de la Comédie Française n’a pas hésité à se raser le haut du crâne. « Quand on le voyait arriver sur le plateau changé en l’autre personnage, on était à chaque fois totalement bluffés, abonde l’un des deux cinéastes. Sa posture, son regard, sa voix, sa manière de bouger. C’était un autre homme, mais en même temps le même. »
« Il ne fallait pas juste une doublure »
Parfaire l’illusion des dialogues entre les sosies a demandé un rythme particulier : tourner les séquences deux fois. Le matin, Laurent Lafitte était Alex. L’après-midi, Axel. La raison ? Le postiche à enfiler. C’était plus simple dans ce sens.
L’acteur ne pouvant se donner la réplique à lui-même, il a fallu trouver une doublure. Un gros casting a été fait, expliquent les réalisateurs, dont le choix s’est porté sur un certain Ahmed Hammadi Chassin. Un jeune comédien « d’un talent et d’une générosité incroyable », mais dont on ne verra jamais le travail, ici à l’écran.
Atelier de production
Laurent Lafitte, ici dans « Alter Ego ».
« Au montage, petit à petit, on l’a vu s’effacer, comme s’il n’avait jamais été là, alors qu’il a été absolument essentiel dans le processus », salue Bruno Lavaine. « Il ne fallait pas juste une doublure, qui aurait la même carrure. Parce que je ne peux pas jouer tout seul, j’ai besoin de quelqu’un en face de moi », précise à son tour Laurent Lafitte sur France Inter.
Le jeune acteur a appris les deux rôles, lui aussi. Comme Laurent Lafitte, il s’est rasé le crâne. « Il a tout fait comme moi […] en moins bien payé », ironise la star du film. Avant d’en remettre une couche : « Pour une fois qu’il n’aura pas la surprise d’être coupé au montage. » Non, Alex n’a pas pris le contrôle de l’antenne.