« On était confinés à l’hôtel, en attente d’informations. On ne savait jamais démêler le vrai du faux »
Dans la nuit, un courriel des autorités belges évoque la procédure de rapatriement en coordination avec le Luxembourg et la compagnie Luxair. « Ce n’était pas très clair. On était perdus. » À midi, un appel leur intime de rejoindre en urgence un point de rassemblement. « On a couru comme des malades. »

À la frontière entre les Émirats arabes unis et l’Oman, l’attente se prolonge pour les touristes en transit. ©D.R.
Le bus a finalement quitté Dubaï à 14h. « On a fait 145 kilomètres. On est à la frontière d’Oman depuis 17h30. Il est 23h55 ici. » Au téléphone, celle qui habite Étalle détaille une attente interminable. Après avoir franchi le poste de sortie des Émirats arabes unis, le convoi est resté bloqué entre les deux pays. « On ne sait jamais vraiment ce qui va se passer. Les informations sont floues, parfois contradictoires. »
Depuis leur arrivée à la frontière avec l’Oman, les difficultés s’enchaînent. Les passagers doivent descendre avec leurs valises pour changer de bus, les véhicules immatriculés à Dubaï n’étant pas autorisés à circuler côté omanais. « On nous a fait sortir une première fois, puis remonter, puis redescendre encore. À chaque fois, il faut reprendre les bagages. »
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« On a l’impression d’être baladés d’un point à l’autre. On nous crie dessus pour qu’on avance. »
À un moment, il leur est demandé de payer 50 dirhams par personne pour poursuivre le trajet. « On a refusé. On ne comprenait pas pourquoi on devait payer. » Le groupe remonte alors dans le bus initial et attend de nouvelles instructions. « On a l’impression d’être baladés d’un point à l’autre. On nous crie dessus pour qu’on avance. »
Les conditions sont éprouvantes. Certains voyageurs sont malades, d’autres très fatigués. Des enfants pleurent, des personnes âgées peinent à supporter la chaleur et l’attente. Un ravitaillement sous forme de boîtes-repas a été distribué aux premiers arrivés à la frontière, mais tous n’en ont pas bénéficié. « On avait heureusement acheté un peu d’eau et de quoi grignoter avant d’arriver. »
Il reste encore environ 300 kilomètres à parcourir jusqu’à l’aéroport omanais. Un vol serait prévu dans la soirée, voire le lendemain, mais rien n’a été confirmé officiellement aux passagers. « On parle d’hôtels où l’on serait répartis pour la nuit, puis d’un départ demain. Mais personne ne nous a donné de confirmation claire, ni par message, ni verbalement. »
Après plusieurs jours d’incertitude et un vol annulé, ces vacanciers disent surtout ressentir un profond sentiment d’abandon. « On vit déjà dans une ambiance anxiogène. On entend des détonations au loin, on se sent loin de chez nous », termine la Stabuloise qui ne sait toujours pas où elle va passer le reste de la nuit.