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À l’origine de ces tensions : une incertitude croissante sur le marché mondial. Le Qatar, qui représente un cinquième des exportations mondiales de gaz naturel liquéfié, a interrompu sa production. Par ailleurs, les réserves européennes ont été fortement entamées par un hiver rigoureux. Selon les données les plus récentes, les stocks de gaz en Europe ne sont remplis qu’à 30 %, un niveau particulièrement bas pour la saison. En Belgique, ils sont encore inférieurs de cinq points.

Les ménages belges revoient leur stratégie énergétique

Dans ce contexte, les ménages belges revoient leur stratégie énergétique. La plateforme de conseil Peasy observe un basculement rapide vers les formules à prix fixe. « En février, seuls 25,3 % des consommateurs avaient opté pour un contrat de gaz fixe. Ce mois-ci, ils sont déjà 57 % », explique Yannick Altruy, expert en énergie au sein de l’entreprise. Plus globalement, 52,6 % des clients ayant changé de contrat ont abandonné une formule variable au profit d’un tarif fixe, contre 27,5 % en février.

Le mouvement concerne principalement le gaz, mais l’électricité n’est pas en reste : 50,8 % des consommateurs ayant modifié leur contrat ont choisi un prix fixe, contre 27,6 % le mois précédent. « Les consommateurs veulent en avoir pour leur argent. En optant pour un contrat fixe, ils se protègent contre de fortes fluctuations, dans un contexte où nul ne peut prédire l’issue des tensions géopolitiques », souligne Yannick Altruy.

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L’électricité pourrait d’ailleurs subir un effet domino. En 2024, 17 % de l’approvisionnement électrique belge était assuré par des centrales à gaz, essentielles pour équilibrer le réseau lors des périodes de faible ensoleillement ou de vent insuffisant. Une hausse prolongée du gaz pourrait donc indirectement alourdir la facture d’électricité.

La nervosité chez les fournisseurs

Du côté des fournisseurs, la nervosité est palpable. Comme lors de la crise énergétique de 2022, certains acteurs ont déjà retiré prématurément leurs promotions sur les contrats fixes destinés aux nouveaux clients. Entre stocks faibles, incertitudes climatiques et tensions internationales, le marché de l’énergie entre à nouveau en zone de turbulences et les consommateurs belges, échaudés par les crises passées, préfèrent désormais s’attacher au mât des prix fixes.

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