En septembre, le ministre fédéral Jean-Luc Crucke (Les Engagés) a officialisé ce deal. « C’était maintenant ou jamais. Il n’y avait pas d’autre solution si on voulait avancer », avait-il déclaré lors d’une conférence de presse.
Plusieurs mois après l’annonce, on en sait davantage sur les procédures et les timings. La gare linkebeekoise devrait donc fermer « dans le courant de l’année 2028 ». Et ce, « après la construction d’une nouvelle liaison cyclable et piétonne » entre Moensberg et la gare de Linkebeek (avenue des Sophoras à Uccle).
« En concertation avec les communes impliquées, notre filiale Tuc Rail travaille à l’élaboration du permis de la liaison cyclo-piétonne. L’objectif est de l’introduire dans les prochains mois et de pouvoir réaliser les travaux courant 2027, pour les terminer avant la fin de l’année 2028 », nous confirme le porte-parole d’Infrabel.
Notons que le permis d’urbanisme a été délivré en octobre dernier pour le tronçon situé sur la commune de Rhode-Saint-Genèse, voisine de Linkebeek.
L’objectif d’Infrabel reste de terminer les travaux sur cette ligne vers Nivelles pour 2034. Dans ce cadre, la fin des travaux pour le tronçon entre Nivelles et Braine-Alliance est quant à elle prévue pour 2029.
Pour l’anecdote, lors du coup d’envoi du projet RER en 2003, la « convention » interrégionale annonçait : « L’objectif est que l’offre RER soit entièrement opérationnelle au plus tard pour fin 2012″…

Carte de l’avancement du RER (fin février 2026) ©IPM GraphicsÉléments de contexte sur la saga du RER bruxellois
Véritable dossier maudit de la politique belge, le RER consiste, pour rappel, en l’amélioration de la desserte ferroviaire de Bruxelles et sa périphérie. Pour cela, un système à quatre voies est nécessaire afin que les trains rapides puissent dépasser les trains locaux. En 2003, une « convention » a enfin été signée entre le Fédéral et les Régions pour mettre en place ce Réseau express régional (RER). À cette époque, la date de 2012 était évoquée pour la fin des travaux.
À cette heure, l’aboutissement global du projet est évoqué pour 2034, « au plus tôt. » Pour la partie « nord » du RER, à savoir les lignes vers les villes flamandes, les travaux sont considérés comme achevés. Mais c’est sur les lignes vers la Wallonie que le projet connaît quantité de retards. La ligne vers Ottignies ne sera achevée que fin 2026. Pour la ligne L124, qui vient de Charleroi en passant par Nivelles, Waterloo et Linkebeek, ce sera « au plus tôt » 2034. En cause notamment : le blocage de Linkebeek. Depuis des années, les autorités locales s’opposent à la mise à quatre voies, évoquant des effets dévastateurs sur l’environnement et le paysage. En 2010, Linkebeek avait obtenu l’annulation du permis de mise à quatre voies. Quatorze ans plus tard, en 2024, de nouveaux recours étaient introduits : un par la commune, un autre par un groupe de riverains, et, enfin, un dernier introduit à titre personnel par le président Défi du CPAS linkebeekois.
En mars 2025, une piste de compromis, permettant de conserver une partie du tronçon à deux voies mais nécessitant la suppression de la gare de Linkebeek, a été acceptée par la commune. Un vote reconfirmé, de justesse, en septembre.
À la suite de ce vote, le recours des riverains a été levé. Mais il en reste donc toujours un, celui du président du CPAS de Linkebeek mais, visiblement, moins « menaçant » que les deux autres déjà levés, selon une source proche du dossier. Contacté à plusieurs reprises, le président Défi du CPAS de Linkebeek ne nous a fourni aucune réponse quant à l’avancée des procédures de son recours.