+ LIRE AUSSI > Une crèche à Hérinnes en 2027 : « Mon seul regret est que nous ayons dû nous battre »
La commune a-t-elle déjà rencontré les agriculteurs locataires pour les avertir de la vente ? A-t-elle pensé à des échanges de terres ? « Le plus grand, celui de 6 hectares à Hérinnes, est occupé par 5 locataires différents. Comment allez-vous gérer cette situation en pratique ? », demande encore Agnès Vandendriessche. « Nous espérons que vous privilégierez la vente de gré à gré et non la vente publique pour que les agriculteurs aient les moyens de devenir propriétaires. Ainsi, vous donnerez la priorité aux personnes de l’entité. »
Par la voix de Luc Fontaine (Community), la majorité précise qu’un notaire a estimé « le plus justement possible le prix de ces terres. Si surévaluation il y a, le prix de vente peut être modifié. » Il indique aussi que l’agriculteur en location dispose d’un droit de préemption, pour éviter que les terres ne soient rachetées par des extérieurs à l’entité.
Aurélien Brabant (Community) poursuit : « Avec l’expérience des terres vendues par le CPAS, on sait désormais vendre intelligemment de façon à ce qu’aucun extérieur ne remette une offre. La vente de gré à gré n’est pas conseillée par le notaire, qui préconise une vente publique pour éviter des arrangements obscurs. À nouveau, je rappelle que le CPAS a déjà procédé ainsi par le passé et que l’expérience parle d’elle même. Une vente publique sans faire de ramdam passe relativement inaperçue. La preuve, vous n’avez pas vu les précédents. L’objectif n’est pas de faire monter les enchères, ni de défavoriser les agriculteurs locaux. Le prix initial sera assez bas et on veillera à éviter la surenchère en vendant sans faire de bruit. En bref, on ira pas au plus offrant. Il n’est pas question d’appeler Colruyt pour vendre une grande parcelle encore exploitable. On préfère se séparer de terres peu intéressantes. »
Selon Françoise Vansaingèle (ActionS – PS), la commune vendrait « près de 20% des 186 hectares de terre qu’elle possède. Allez-vous continuer à vous séparer de ce patrimoine dans les années à venir ? » demande l’élue.
« L’objectif n’est pas de se débarrasser de toutes nos terres agricoles mais d’utiliser des leviers financiers pour financer nos gros projets comme la crèche en construction, le futur hall sportif ou la rénovation du musée Jules Jooris. La commune n’a aucun intérêt à garder autant de terres à très faible rendement locatif alors qu’elle a besoin de fonds pour ces projets d’envergure. Le fermage ne rapporte quasiment rien dans les finances communales. »
Si les 42 parcelles sont vendues, Aurélien Brabant espère récupérer près d’un million d’euros. « Tout sera vendu, c’est quasiment une évidence. On parviendrait par exemple à financer l’intégralité de la part communale de la rénovation du musée Jules Jooris si l’opération fonctionne. »
Un procédé qui permet à la commune de Pecq de conserver son ambition et ses investissements « sans augmenter les taxes ou licencier du personnel communal. Vendre nous évite de contracter crédit sur crédit », conclut le bourgmestre.
La conseillère ActionS – Ps s’abstient, les élus Pecq Autrement votent contre, considérant le dossier « pas suffisamment abouti pour procéder à une vente dans de bonnes conditions. »