
Par Yasmine Meziani
Publié le 18 octobre à 14h50
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Près de 60.000 personnes ont marché à Bruxelles, selon les organisateurs, pour réclamer plus d’action climatique. Mais comment faire une transition juste, sans laisser les ménages seuls face au coût de l’énergie ? Débat entre Jean-Luc Crucke et Nadia Cornejo dans le premier numéro d’On en parle.
Dimanche dernier, près de 60.000 personnes ont défilé dans les rues de Bruxelles, selon les organisateurs. Elles réclamaient davantage d’actions face à l’urgence climatique. Mais leurmessage allait plus loin… comment faire une transition qui soit juste, sans laisser les ménages seuls face au coût de l’énergie ?
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C’est l’une des questions au cœur du premier numéro d’On en parle, face à face entre Jean-Luc Crucke, ministre fédéral du Climat, et Nadia Cornejo, vice-présidente de la Coalition climat et porte-parole de Greenpeace.
Une transition plus juste ?
Pour Nadia Cornejo, la justice sociale était l’un des messages centraux de la mobilisation. « Je pense qu’il y avait aussi une deuxième chose qui était dans la rue ce dimanche passé, c’était la justice sociale aussi », a-t-elle déclaré. « Donc comment est-ce qu’on va faire une transition qui est juste ? »
À ses yeux, cette question se pose concrètement dans la facture énergétique des ménages. « On paye très cher quand on va à la pompe, on va payer plus cher notre gaz cet hiver. Et pourtant, les entreprises énergies fossiles font des profits colossaux, et il n’y a pas de taxe sur les surprofits qui est envisagée », a-t-elle affirmé.
« Pourtant, c’était une proposition au niveau de l’Union européenne », a-t-elle rappelé. Puis elle a interpellé le ministre : « Qu’est-ce que le gouvernement fédéral va faire à propos de ça ? Comment, en tant que ministre du Climat, on peut peser aussi sur cette justice sociale qui est une demande de la rue ? »
Pour Jean-Luc Crucke, « On ne peut pas faire une transition contre la population »
Jean-Luc Crucke a repris cette exigence. « Nadia a totalement raison, et cette revendication me semble parfaitement juste », a-t-il déclaré. « On ne peut pas faire une transition climatique énergétique contre la population, contre et sans les citoyens ». Selon lui, l’aide doit d’abord aller à ceux qui rencontrent le plus de difficultés. « Et surtout, en faisant en sorte que ceux qui ont le plus de difficultés à y arriver soient ceux qui soient, non pas oubliés, mais aidés. C’est d’abord là que l’aide doit venir ».
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Sur la taxation des surprofits, il a toutefois reconnu l’absence d’accord au sein du gouvernement fédéral. « Il n’y a pas eu d’accord au sein du gouvernement pour qu’on puisse porter ce message à l’Europe. Il n’y a pas eu d’unanimité non plus au sein de l’Europe », a-t-il expliqué. « Il y a six pays qui sont en front d’eux, dont l’Allemagne, dont la France, dont l’Italie. C’est quand même pas mal, mais ça n’a pas réuni l’unanimité au sein de l’Europe ».
Faute d’accord sur cette taxation, Jean-Luc Crucke a plaidé pour un plan de cohésion sociale. Il a rappelé qu’« une grosse partie des compétences sont dans les régions », avant de préciser : « Ce plan de cohésion sociale, s’il porte le terme social, il doit d’abord venir en aide aux personnes les plus nécessiteuses et aux entreprises les plus fragiles ».
Pour Jean-Luc Crucke, quitter les énergies fossiles doit aussi être envisagé comme une opportunité économique. « C’est de dire : ‘comprenons que quitter les énergies fossiles, ce n’est pas dire bye-bye au pétrole, c’est bien plus que ça’. C’est créer des emplois chez nous, c’est avoir du solaire, c’est avoir de l’éolien ».
Une transition sociale encore à définir
Si Jean-Luc Crucke partage l’exigence d’une transition sociale, la question posée par Nadia Cornejo demeure : comment financer cette transition sans alourdir davantage la facture des ménages, alors que les prix de l’énergie pèsent déjà sur leur pouvoir d’achat ?

