La réponse est dans la question… parce qu’elle est belge. Alors qu’à une époque, c’est vous qui vous moquiez de nous.

« Oui, en effet, on se foutait un peu de votre gueule avec les blagues belges. Et on se rend compte à quel point les Belges ont supporté ça, sans développer de haine. Cela aurait pu être terrible. Si on fait une blague raciste comme ça, aujourd’hui en France, cela prendra des proportions folles. Les Belges ont quand même enduré ça pendant des années… Il y a une capacité belge à l’autodérision et à rire de soi qui fait que les Français envient ça. Parce qu’ils sont un peu quand même sérieux, et au premier degré sur plein de sujets. »

« Ça vous fait mal ça »: voici ce que vous n’avez pas vu à la télé lors du « Grand Cactus » de ce jeudi 15 janvier !

En France, il y a eu les Guignols et puis… vous, avec votre émission sur Paris première (groupe M6). L’exception qui confirme la règle ?

Stotz. « Dans le paysage audiovisuel français, il n’y a plus d’endroits où on peut aller faire des sketchs. Et même les humoristes qui vont faire leur promo dans des émissions font leur promo et pas de sketchs. C’est bizarre quand même ! »

Giroud. « Au-delà de l’humour, il n’y a plus beaucoup d’émissions de variété. Ce qui est dommage dans un monde qui devient de plus en plus raciste de ne pas prôner la variété sous toutes ses formes. La dernière émission en date était celle de Patrick Sébastien qui réunissait des chanteurs de tous âges, des humoristes, des numéros de cirque, du visuel. La variété, c’était du vivre ensemble. Moi, j’ai même jonglé avec un phoque ! »

« Dans le paysage audiovisuel français, il n’y a plus d’endroits où on peut aller faire des sketchs »

Seriez-vous interdit sur une autre chaîne ?

Stotz. « Sur les chaînes françaises en prime time, oui c’est sûr. Interdit non, mais renvoyé très rapidement peut-être oui. À une époque, dès qu’on entrait dans une émission, l’émission s’arrêtait ! Dès qu’on mettait un pied, ça censurait. Un Grand Cactus pourrait être diffusé en France, mais à minuit. Là, on est quand même en prime time, sur une chaîne majeure, et elle est là la différence. Nous, on a de la chance sur Paris première parce qu’on a une liberté totale de ton. »

Tout comme votre spectacle Classe ! (réservations sur corniaudandco.com) qui peut aussi paraître… raciste, homophobe, misogyne, de gauche, de droite et on en passe !

(sourire) Giroud. « Si on le prend au premier degré, on est d’accord. Mais il ne faut pas. »

Stotz. « Nous, on est Tom et Jerry. On est dans les cartoons. Quand j’étais petit, ça ne m’a jamais donné envie de taper sur un chat ou une souris. »

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Et comment réagissent ceux que vous caricaturez ?

Giroud. « Les plus susceptibles sont souvent dans des sphères un petit peu plus hautes et ils sont même susceptibles pour les autres. Ce qui est incroyable quand même. Dans le spectacle, Yann fait Michel Sardou et moi je fais Véronique Samson. Le fils de Sardou est venu nous voir, on a bu un verre ensemble et il nous a dit : ‘Vous auriez pu encore y aller plus fort !' »

Stotz. « En règle générale, les gens sont contents de leur caricature, ça fait plaisir. Sauf Nicola Sirkis (sourire) ! »

Les Belges sont-ils plus faciles à caricaturer que les Français ?

Giroud. « À part au niveau de l’accent, non. Je suis nulle en accent. Sinon, c’est pareil. Il faut que la personne ait un truc saisissable. Il faut qu’il y ait une poignée au personnage pour qu’on puisse s’agripper un peu à lui. Il n’y a rien de pire que les gens plats. »

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