Pierre Fagniez

Par Pierre Fagniez

Publié le 19 octobre à 20h25

Ajoutez-nous à vos favoris Google
Des scientifiques de l’UCLouvain et de l’Université d’Oxford ont découvert un mécanisme qui permet à la chimiothérapie de renforcer l’effet d’un vaccin thérapeutique contre le cancer. Une première inattendue, qui suscite beaucoup d’espoir. Explications : Sébastien Prophète et jules Rasumny.


La chimiothérapie peut-elle renforcer l’efficacité des vaccins thérapeutiques contre le cancer ?

En cours de développement, les premiers vaccins thérapeutiques contre le cancer devraient être administrés à des patients dans les prochains mois. La découverte des scientifiques belges et anglais pourrait à l’avenir renforcer leur efficacité.


À lire aussi

Un chercheur manipule un échantillon de sang
Cancer du sein : ces « mini-tumeurs » cultivées en laboratoire pourraient aider à personnaliser les traitements

« Nos résultats sont encourageants en ce sens qu’ils montrent que, contrairement à ce qu’on aurait pu attendre, la chimiothérapie et la vaccination peuvent se donner en même temps et qu’elles ont même un effet synergique, c’est-à-dire que la chimiothérapie va renforcer l’efficacité de la vaccination », explique Benoît Van den Eynde, directeur de l’Institut de Duve (UCLouvain).



« On parle bien de vaccin thérapeutique contre le cancer, un vaccin curatif qu’on donne à des patients qui ont un cancer. C’est pas un vaccin préventif », précise Benoît Van den Eynde.

Une source d’espoir

Les vaccins thérapeutiques, une stratégie de l’immunothérapie avec la volonté de déclencher une réaction immunitaire. Jusqu’à présent, l’immunothérapie ne fonctionne pas chez tous les patients, ni avec tous les types de cancer.

Cette nouvelle avancée est aujourd’hui une source d’espoir pour Donatienne Taylor, oncologue au CHU UCL Namur (site de Sainte-Elisabeth).




À lire aussi

Image d’illustration
Des chercheurs belges ont fait une découverte inédite qui pourrait permettre de soigner le cancer du foie, « particulièrement difficile à traiter »

« Aujourd’hui, on a développé énormément de traitements, mais ces traitements ont des toxicités et avec une vaccination administrée au bon moment, on pouvait déclencher une réponse immunogène chez un plus grand nombre de patients. Une réponse antitumorale. Ce serait, je pense, révolutionnaire », souligne Donatienne Taylor.

Un timing très précis à respecter

« Nous avons vu que cette synergie fonctionne bien lorsqu’on donne le vaccin le même jour que la chimiothérapie, mais si on décale de quelques jours, ça ne marche plus. Il y aura un timing très précis à observer pour qu’on ait cette synergie », ajoute Benoît Van den Eynde.

Des résultats prometteurs observés en laboratoire sur des souris, des essais cliniques sur l’homme sont désormais nécessaires. Pas de conclusion attendue avant plusieurs années.



santé