Car ces procureurs improvisés furent, il n’y a pas si longtemps, ardemment sollicités pour prendre leurs responsabilités à la table des négociations. Leurs alliés de Groen – qui se sentent aujourd’hui si seuls face au MR et au PS – les suppliaient de protéger ensemble les acquis écologistes en matière de mobilité. Pendant plus d’un an, ils ont décliné l’invitation avec une constance regrettable. Porte fermée et exclusives brandies. À croire que participer aurait achevé le parti.
Bien sûr, chacun est libre de ses choix stratégiques, et l’opposition est un rôle noble. Or, à ce jour, Ecolo ne campe pas sur les bancs de l’opposition. Il siège toujours dans un exécutif bruxellois qui semble avoir redéfini la notion « d’affaires courantes » en version « chômage technique de longue durée ».
Il est particulier de bouder une table et critiquer le menu avant qu’il ne soit servi. Refuser de négocier, puis s’indigner que d’autres négocient (à contrecœur), relève d’une incroyable frustration. Leurs électeurs, eux, n’ont pas voté pour des acteurs qui restent au balcon. Ils ont voté pour des représentants capables de transformer des convictions en décisions, des programmes en compromis, des slogans en actes. Il est toujours tentant de commenter le match depuis les tribunes. Les huées ne coûtent rien et les risques sont limités. Mais à force de jouer les commentateurs, ils finissent par oublier qu’ils avaient promis de monter sur le terrain. Le seum…