Elle n’avait été découverte qu’en mai 2025 et c’est déjà de l’histoire ancienne. La comète C/2025 K1 (Atlas) s’est brisée en passant près du Soleil. La scène a été immortalisée en décembre, par l’observatoire Gemini. Sur les images dévoilées récemment, on voit très clairement la comète désormais divisée en au moins quatre morceaux.
Le phénomène était attendu par les scientifiques. Les simulations de trajectoire montraient qu’à partir du 8 octobre, la comète arriverait à environ 50 millions de kilomètres du Soleil, soit beaucoup trop près pour son noyau de glace, ce qui la ferait fondre. Là, elle devait passer derrière le Soleil pour quelques semaines, et les spécialistes pensaient ne jamais la revoir après.
Une comète « survivante »
Et pourtant, les prévisions étaient bien pessimistes puisque début novembre, la comète a été vue en train d’émerger de l’autre côté du Soleil. Un soulagement de court répit puisque c’est là que le cœur de la comète, constituée de glace et de poussière, a commencé à se fragmenter, à cause de la chaleur solaire.

Lorsqu’elles passent près du Soleil, les comètes sont particulièrement brillantes. © Ivan Kmit, Adobe Stock
De plus, l’attraction gravitationnelle du Soleil est difficile à supporter pour ces astres, qui ont alors tendance à se disloquer, accélérant encore le processus.
Mais observer la fin d’une comète de cette manière est en réalité plutôt rare, puisqu’on s’attend à ce que ces boules de glace et de poussière qui passent trop près du Soleil s’en sortent soit indemnes, soit n’en sortent jamais. Mais ici, C/2025 K1 a pu résister suffisamment longtemps pour que sa fragmentation n’arrive que dans un second temps.
Résultat, elle était exactement au bon endroit pour que sa « mort » ait pu être admirée par les télescopes. Ce qui est extrêmement intéressant pour la communauté scientifique.
En effet, ce sont ces moments précis, là où la comète est le plus sollicitée, qu’elle livre de nombreuses informations sur sa structure interne. Lorsqu’elle est chauffée, cela déclenche un dégazage massif, et la comète se met à éjecter des particules à l’extérieur, révélant des indices sur sa composition. Elle est également beaucoup plus brillante, et donc plus facilement visible par les télescopes.

La comète C/2025 K1 le 11 novembre puis le 6 décembre 2025. © International Gemini Observatory, NOIRLab, NSF, AURA, B. Bolin
Du pain béni pour les astronomes
Le cas de C/2025 K1 est emblématique puisqu’avant de s’approcher à ce point du Soleil, elle présentait justement un intérêt limité pour les astronomes. Comme elle était assez peu brillante, elle était difficile à observer. De plus, sa découverte a vite été éclipsée par une autre comète beaucoup plus intéressante à première vue : 3I/Atlas, un astre venu d’en dehors de notre Système solaire.

La comète Atlas est le troisième visiteur interstellaire détecté dans notre Système solaire. © Gemini Observatory, NOIRLab
Résultat, les espoirs étaient maigres concernant le destin de C/2025 K1. C’est lorsqu’elle est réapparue après son passage derrière le Soleil que plusieurs télescopes se sont tournés vers elle. L’observatoire Gemini donc, mais aussi Hubble qui avait dévoilé que le noyau s’était divisé en quatre morceaux, et non pas trois comme on l’avait cru au départ. Ce qui a été confirmé par les dernières images de Gemini prises le 6 décembre.
Du pain béni pour les astronomes, mais ce n’est pas fini ! En effet, une autre comète pourrait connaître le même destin d’ici quelque temps, il s’agit de C/2026 A1 (MAPS), découverte il y a un mois à peine et qui pourrait passer très proche du Soleil, à moins de 750 000 kilomètres, d’ici début avril. À ce moment-là, l’astre pourrait être quasiment aussi brillant que Vénus depuis la Terre.