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« Certains nous parlent de droit international, a répété Georges-Louis Bouchez, président du MR, jeudi, à la Chambre. Mais le monde est en lutte entre, d’un côté, l’Occident et, de l’autre, un pôle russo-chinois qui a pour vocation de nous affaiblir. À un moment donné, il faut faire des choix et assumer les valeurs qui sont les nôtres. » « Votre appel à la désescalade, a-t-il ensuite lancé à la gauche, cela veut dire que le régime des mollahs doit se maintenir. C’est cela la conséquence de la désescalade. »

Le droit international mal mené

« Non, on ne va pas pleurer la mort d’un dictateur », celle du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué samedi, a dit Oskar Seuntjens, pour Vooruit. « Mais quelqu’un croit-il que [le président américain] Trump et [le Premier ministre israélien] Netanyahou font cela parce qu’ils s’inquiètent du sort des Iraniens ? […] Ils le font pour le pouvoir, pour l’argent, pour le pétrole. »

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« Monsieur le Premier ministre, vous êtes un historien, a-t-il poursuivi à l’adresse de Bart De Wever (N-VA). Le propre des historiens est de tirer les leçons du passé. L’Irak, l’Afghanistan… Voyons la situation là-bas. Les talibans viennent d’adopter une loi disant que vous pouvez tabasser les femmes tant que vous ne cassez pas les os… Netanyahou, ce génocidaire, va-t-il subitement agir dans l’intérêt de la liberté ? « 

guillement

Je suis un historien, pas un hystérique. Le gouvernement doit se concentrer sur les problèmes auxquels il est confronté.

« Je dois constater qu’en ces temps géopolitiques tempétueux, on ne tient plus compte des règles du droit international que, nous, Européens, continuons à défendre à juste titre, a répondu Bart De Wever, resté jusque-là silencieux sur la question. Mais la dictature théocratique en Iran bafoue ce droit international depuis quarante ans. Elle ne doit attendre aucune sympathie de ma part. Nous parlons ici d’un régime criminel, qui a assassiné une part de la population pour se maintenir au pouvoir », a-t-il déclaré, rejoignant la position d’équilibriste de son chef de la diplomatie.

Les va-t-en-guerre

« Les trois priorités qui mobilisent notre attention sont la sécurité de nos concitoyens là-bas, l’impact potentiel pour notre sécurité nationale, et les intérêts économiques et maritimes. Les autres considérations géopolitiques sont très intéressantes. Chaque formation politique aura des analyses passionnantes, a ensuite ironisé le patron de l’Arizona. Mais il appartient au gouvernement de mener une politique fondée sur des menaces concrètes et sur la préservation de nos intérêts. Les grandes déclarations sont rarement productives, et même souvent contre-productives. Vous l’avez dit : je suis un historien, pas un hystérique. Le gouvernement doit d’abord se concentrer sur les problèmes auxquels il est confronté. »

« Quand on est de gauche, on a le devoir d’être plus exigeant que les autres »

« Quand on vous interroge, Monsieur le Premier ministre, vous lisez un texte qui ressemble plus à un éditorial qu’à une position de gouvernement. Et ce n’est pas étonnant, parce que votre gouvernement n’a pas de position, a répliqué Paul Magnette, président du PS. On entend les va-t-en-guerre du MR et de la N-VA qui sont prêts à suivre aveuglément Trump et Netanyahou ; Vooruit qui essaie désespérément de défendre le droit international ; et les chrétiens-démocrates, fidèles à leur ligne, qui ne sont ni pour ni contre, bien au contraire… Pendant ce temps-là, la Belgique n’est même pas capable de rapatrier dignement ses compatriotes. Ceci n’est pas un gouvernement », a-t-il conclu.