La campagne se déroule tout au long du mois de mars avec une dizaine d’actions prévues à Saint-Josse.
Un dépistage encore trop faible
Le constat est clair : trop peu de personnes se font dépister. À Bruxelles, la population cible du programme concerne près de 295 000 personnes âgées de 50 à 74 ans. Mais la participation reste limitée : le taux de couverture total du dépistage n’atteignait que 29,7 % en 2023. Plus inquiétant encore : 44,2 % des personnes concernées n’ont jamais réalisé de test de dépistage.

Les équipes de Brusano sensibilisent les passants sur le marché de Saint-Josse. ©Doreen Ziane
« À peine un quart des gens se font dépister alors que l’Organisation mondiale de la santé recommande un taux d’au moins 60 % », rappelle Victoria.
Le cancer colorectal reste pourtant le troisième cancer le plus fréquent, chez l’homme comme chez la femme, et l’un des plus mortels.
Un test simple, à faire chez soi
Le dépistage repose sur un test simple appelé Colotest. Les personnes de 50 à 74 ans peuvent le recevoir gratuitement tous les deux ans en pharmacie. Le test se fait à domicile.
À Bruxelles, 5,3 % des tests réalisés en 2023 se sont révélés positifs, ce qui ne signifie pas forcément un cancer mais nécessite des examens complémentaires. Lorsque le test est positif, plus de 80 % des patients passent ensuite une coloscopie de suivi, selon les données régionales.
Sur le terrain, les freins restent nombreux. « Il y a la peur, mais aussi des réactions fatalistes. Certains nous disent qu’il faut bien mourir de quelque chose », raconte Aurélie. Le coût peut également être un obstacle. Le test est gratuit seulement à partir de 50 ans.
À Saint-Josse, les équipes avaient déjà mené une campagne l’an dernier. À l’époque, seulement 10 à 12 % du public cible s’était fait dépister dans la commune. Après la sensibilisation, la participation a presque doublé. « C’est pour ça qu’on continue cette année », explique l’équipe.
Pour toucher un maximum d’habitants, les brochures sont traduites dans plusieurs langues. « Dans certains bassins, on cible un quartier. Ici, on couvre toute la commune. »
« Tout le monde peut être touché »
Parmi les bénévoles présents, Muharrem a une motivation personnelle. Il a découvert cette campagne l’an dernier. Sa femme est décédée d’un cancer du sein. « J’habite dans un logement social à Schaerbeek. Après ce que j’ai vécu, j’ai voulu sensibiliser mes voisins », explique-t-il.

Muharrem ©Doreen Ziane
Aujourd’hui, il participe aux actions pour encourager les dépistages. « Tout le monde peut attraper un cancer, ce n’est pas une question de classe sociale. Le problème, c’est que la maladie reste taboue. Il faut casser ça pour que les gens se fassent dépister à temps. »