Enora Malagré n’a jamais été du genre à faire semblant. Quand
elle parle de sa vie, elle le fait toujours avec une sincérité
parfois désarmante. Et ces derniers mois, l’ancienne chroniqueuse
de Touche pas à mon poste est revenue sur plusieurs
épisodes marquants de son parcours, sans filtre. Entre son
combat contre l’endométriose, son désir de maternité longtemps
inassouvi et son regard très lucide sur ses années à la télévision,
l’animatrice de 45 ans n’hésite plus à dire les choses telles
qu’elle les ressent aujourd’hui. Ces confidences interviennent
alors qu’elle défend un projet très
personnel…

Enora Malagré brise le tabou : son combat bouleversant pour
devenir mère

Le mardi 3 mars, France 5 a diffusé son documentaire
Pourquoi t’as pas d’enfant ?, un film dans lequel elle
interroge la pression sociale autour de la maternité. Un sujet qui
la touche directement. Car pendant près de dix ans, Enora Malagré a
tout tenté pour devenir mère. Atteinte
d’endométriose, une maladie gynécologique qui touche environ une
femme sur dix en France, elle s’est engagée dans un long parcours
de PMA. Une période qu’elle décrit aujourd’hui comme une véritable
obsession.

Invitée sur le plateau de C à vous, elle a expliqué à quel point
ce film avait compté pour elle. “Ça a été thérapeutique”,
confie-t-elle. “J’ai débuté ce film lorsque j’étais
enfermée dans mon obsession d’avoir des
enfants.” Au fil des rencontres avec d’autres femmes,
sa vision a peu à peu évolué.

“Je voulais exister” : l’ancienne chroniqueuse de TPMP raconte
ses débuts parfois gênants à la télévision

Mais si Enora Malagré parle aujourd’hui de ces sujets avec
sérénité, elle a aussi accepté de revenir sur un autre chapitre de
sa vie : ses débuts dans les médias. Invitée dans
l’émission Sous les jupes des femmes de Au Féminin animée
par Audrey Dana, elle a livré
un regard très critique sur certaines séquences
auxquelles elle
a participé dans les années 2000, notamment à la radio et à la
télévision. À l’époque, elle découvre le monde du divertissement
grand public.

Et elle pense qu’il faut correspondre à une certaine
image pour exister. “Je ne connaissais pas la radio,
la télé mainstream”, explique-t-elle. “Je me disais que
pour exister, il fallait s’hyper-objectiser,
s’hypersexualiser.” Elle se souvient alors de certaines scènes
qui, aujourd’hui, la mettent profondément mal à l’aise. “J’ai
fait des trucs… dérouler des piles à des mecs, arriver tout
seins dehors, me frotter”, raconte-t-elle.

“Je le regrette” : Enora Malagré se
confie sur certaines humiliations à la télé

“Je le faisais, j’avais l’impression d’être crade, mais je
le faisais quand même.” explique-t-elle. Selon elle, ce
comportement était en partie lié à la pression du milieu. “On
me demandait un peu de le faire”, reconnaît-elle. Mais elle
admet aussi qu’elle acceptait ces situations parce qu’elle pensait
que c’était le prix à payer pour réussir. Avec le
recul, certaines images sont difficiles à revoir. “Maintenant
je vois les vidéos, j’ai envie de chialer”, confie-t-elle.
“Je me dis : mais personne ne m’a dit à un moment ‘arrête,
pourquoi tu fais ça ?’”

Enora Malagré reconnaît également avoir participé à
certaines humiliations envers d’autres femmes dans
ce milieu très compétitif. “Tu sais, comme dans la cour de
récré quand quelqu’un se fait humilier et que tu suis le
mouvement”, analyse-t-elle aujourd’hui. “Je l’ai fait,
donc je le regrette.” Pour autant, Énora Malagré refuse de
rester enfermée dans la culpabilité. “Je ne vais pas me
flageller pendant cent mille ans”, précise-t-elle.
“Sinon on n’avance plus.”