« J’avais en tête ce sujet sur la relation qu’entretiennent les femmes avec la notion de plaisir, quel qu’il soit. Et l’essai Mangeuses de Lauren Malka m’a donné le brief. J’ai voulu faire des images de femmes qui mangent pour leur plaisir, et pas juste une feuille de salade, et pas de manière sexualisée pour plaire aux autres. »
Anna Leonte Loron ne se dédie à la photographie que depuis deux ans, après un parcours professionnel autour de la stratégie de marque à Paris. Elle est installée à Marseille depuis trois ans, dans cette ville qui l’a « matrixée » depuis son tout premier shooting ici, en 2017.
Toutes les photos de cette exposition joyeuse, ironiquement girly, et surtout engagée, ont été réalisées dans la cité phocéenne, que ce soit dans les rues de la ville, dans un appartement ou sur les rochers de Tuba aux Goudes.
Univers instagrammable
D’abord exposée à Paris l’an dernier, la proposition de la jeune photographe rejoint les murs du Centre Photographique Marseille ce vendredi 6 mars. La mise en scène joue sur les mots comme cette dédicace « à toutes les miches », reprenant le vocabulaire de la food pour désigner le corps des femmes. « La femme doit rester appétissante mais pour cela il faudrait qu’elle se coupe l’appétit », commente Anna.
Les panneaux sont roses, en clin d’œil à des codes dépassés, et des rayons de primeur accueillent le visiteur, dans lequel il pourra retrouver cartes ou t-shirts de l’expo, sans oublier une tablée avec les restes d’un repas entre femmes pour le vernissage. Un univers très instagrammable, bien connu de l’artiste.
« Les femmes ont faim », une expo engagée au Centre Photographique Marseille. / Photo Loane Baltus
Ses clichés en couleur très esthétiques illustrent allègrement le propos, sous toutes ses formes et dans tous les genres de nourriture, de la street food aux linguine vongole en passant par les croissants, et avec des femmes de tout style aussi.
« La mangeuse de sandwich » par Anna Leonte Loron. / Photo Loane Baltus
On retrouve également des photos en noir et blanc qui rappellent les séquences de livres anciens de recettes pour illustrer une réflexion sur le pain et la sororité. Ou bien des photos type « instafood » avec encore une fois un contrepoint : celui de partager non pas son assiette garnie mais les restes du repas. Quand le carton de pizza vide et gras côtoie un accessoire en strass : la composition rend l’esprit bon vivant totalement féminin.
Forte de ce premier projet, l’artiste souhaite « continuer à raconter des histoires pour les femmes, montrer des vérités qui échappent aux représentations dominantes » et s’attaquera demain « au mythe de la maternité ».
Du mercredi au samedi de 14 h à 19 h. Ouverture exceptionnelle ce dimanche 8 mars de 14 h à 18 h. 74 rue de la Joliette (2e). Entrée 3 €. Jusqu’au 21 mars 2026.