En une semaine de conflit ouvert, Téhéran a lancé plus de 1 000 drones kamikazes et plusieurs centaines de missiles sur des cibles américaines et israéliennes au Moyen-Orient. Deux avions bombardiers iraniens ont même été abattus avant qu’ils ne frappent la base militaire d’Al-Udeid au Qatar, le 2 mars. Si la plupart des attaques iraniennes sont interceptées, leur précision interroge.
Selon le Washington Post, cette précision est rendue possible par un allié de taille pour Téhéran : Moscou. Trois sources du journal américain, proches des services de renseignement, lui ont confié que le Kremlin aidait l’Iran à déterminer et à trouver les sites américains à cibler au Moyen-Orient ces derniers jours. Une aide active qui contraste avec les commentaires officiels de la Russie, qui appelle à cesser « cet acte d’agression injustifié ».
L’Iran a peut-être utilisé les satellites russes pour cibler des sites américains
Difficile de savoir, en l’état, quelle est l’ampleur de l’aide apportée par Moscou. Le 1er mars, six soldats américains ont été tués au Koweït par une frappe de drone iranien. C’est l’une des seules attaques qui n’aient pas été interceptées par la coalition Israël–États-Unis et par les alliés des Américains dans la région. Mais cette attaque, et toutes les autres tentatives, semblent cibler les infrastructures de commande et de contrôle américaines. Le bureau saoudien de la CIA a par exemple été visé. Des frappes précises étonnantes pour les capacités technologiques iraniennes.
L’Iran possède quelques satellites militaires, mais pas une véritable constellation capable de fournir des données précises sur les infrastructures américaines. La Russie, elle, a cette capacité. Cela pourrait expliquer la « sophistication » remarquée par les observateurs dans les dernières tentatives de frappes de l’Iran.
La Russie va-t-elle plonger dans la guerre au Moyen-Orient ?
L’implication du Kremlin dans le conflit au Moyen-Orient n’est pas une surprise. L’Iran fait partie des alliés historiques de la Russie. Depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, Téhéran a d’ailleurs largement participé à l’effort de guerre de Moscou. Tout comme les États-Unis financent l’aide militaire en Ukraine. L’aide russe à l’Iran serait donc, en quelque sorte, un juste retour des choses.
Cela ne veut pas dire pour autant que la Russie a intérêt à s’impliquer davantage dans le conflit au Moyen-Orient. En revanche, selon le Washington Post, le Kremlin pourrait trouver son compte dans une guerre durable dans la région. En effet, cela permettrait de dévier l’attention internationale qui pesait sur l’Ukraine tout en redonnant de la force au marché du pétrole et du gaz russes.