PORTRAIT – Le 4 mars au soir, devant Kate Moss installée au premier rang, elle a fait sensation au défilé Tom Ford à Paris. Retour sur le parcours de ce top brésilien, autrefois star de son milieu.

Au pavillon Vendôme le 4 mars au soir, elle a incarné à la perfection le cliché de la rédactrice en chef d’un magazine de mode de la fin des années 1990. Le carré blond décoloré sévèrement peigné en arrière, le visage dissimulé derrière une paire de lunettes de soleil, Gisele Zelauy a foulé le défilé Tom Ford automne-hiver 2026-2027 dans un pull crème, une jupe crayon en cuir, des bottes hautes à talon aiguille et les mains gantées tenant un sac à main croco. Une apparition façon Miranda Prieslty, la terrible boss du Diable s’habille en Prada (2006), qui a fait sensation.

Gisele Zelauy au défilé Tom Ford automne-hiver 2026-2027. (Paris, le 4 mars 2026.)
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Si son visage ne parle pas forcément à la nouvelle génération de modeux, cela fait pourtant des décennies que ce mannequin de 58 ans foule les podiums des plus grands créateurs de mode. Celle que l’on surnomme toujours «La Belle» est née au Brésil en 1967, et a passé une partie de son enfance dans la ville de São Paulo. Si elle réside aujourd’hui à Honolulu, la capitale d’Hawaï, elle a vécu sept ans en Europe afin de se consacrer à sa carrière de mannequin. Elle qui, au départ, voulait s’engager dans une carrière d’écrivain. Il y a trois mois, elle a confié au Vogue Brésil  avoir découvert la mode à 15 ans, cet âge où elle a vu défiler à la télévision des mannequins pour la première fois. «Je me suis dit : “Voilà ce que je veux faire. C’est mon avenir, je veux être mannequin”», a-t-elle confié.


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«La Belle» des podiums

Pour elle, tout a véritablement commencé en 1988, cette année où elle a fait la rencontre du génie de l’époque : Karl Lagerfeld. «Je la veux pour Lagerfeld, Chanel et Fendi», aurait-il dit à son assistante. Quelques semaines plus tard, elle a ouvert son premier défilé Chanel. Hyperactive dès l’enfance, elle a décidé d’en faire une force : «Le public, c’était le plus important, a-t-elle expliqué à Vogue. Je crois que j’ai créé mon propre art. Mon courage s’est manifesté sur le podium car je n’avais pas peur de faire quelque chose qui choquerait les gens.» Comme, par exemple, avoir été l’une des premières mannequins à défiler enceinte pour la styliste américaine Donna Karan.

Dans les années 1980-1990, sa carrière a donc été couronnée de succès. Immortalisée en 1997 par le photographe américain Richard Avedon pour le calendrier Pirelli, elle a défilé pour les plus grandes maisons : Ralph Lauren, Karl Lagerfeld, Oscar de la Renta, Marc Jacobs, Chanel… Au point de se faire remarquer par Giorgio Armani, qui aimait la surnommer son «mannequin préféré». L’image de son très chic passage sur le podium d’Oscar de la Renta pour la collection automne-hiver 1992-1993, dans un tailleur pied-de-poule noir et blanc, restera d’ailleurs dans les annales.

Gisele Zelauy au défilé Oscar de la Renta automne-hiver 1992-1993. (Paris, mars 1992.)
Victor VIRGILE / Gamma-Rapho via Getty Images

Le secret d’un tel succès ? «Être elle-même et s’amuser. Quoi qu’il en soit, le monde de la mode international est tombé sous son charme», précise sa fiche professionnelle disponible sur le site models.com. En 2025, elle était d’ailleurs en couverture du numéro «spécial beauté» du Elle Brésil, s’affichant de profil avec son carré blanc signature. Sa dernière apparition sur un podium de mode, avant celui de Tom Ford, remonte à 2024 lors du défilé Sergio Hudson automne-hiver 2024. Elle a déambulé sur le catwalk dans un corset immaculé et satiné, la main droite sur la hanche, preuve, s’il en fallait, qu’elle n’a jamais rien perdu de son talent de top model.