Le constat est attristant : les comédies françaises susceptibles d’arracher quelques sourires sont devenues bien moins courantes que les mesures d’économies gouvernementales ou les avancées effrayantes de l’IA. Et puis, il y a la surprise du chef. Et celle-ci s’appelle Un bon patron.
Aux commandes : Philippe de Chauveron, le réalisateur de la trilogie Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? Et en tête d’affiche, un Didier Bourdon en grande forme, dont l’humour mordant fait mouche derrière ses manières affables. Car Antoine Blanchet a tout du boss à l’ancienne, très paternaliste : poli, souriant, attentionné, considérant les ouvriers de son usine de balances comme des membres de sa famille. Une gentillesse qui peut se révéler à double tranchant lorsque le titre de meilleure PME de France entre en jeu.
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Didier Bourdon retrouve l’humour des Inconnus dans « Un bon patron ». ©UGCFilm ou long sketch ?
Un bon patron ressemble par bien des aspects à un sketch des Inconnus, tant le film met le doigt sur les travers de la nature humaine sans avoir l’air d’y toucher. La bonhomie vire alors à l’exploitation par les sentiments, les petits dérapages s’enchaînent, la douceur ne parvient plus que difficilement à cacher le cynisme et le rire provient de la cruauté des situations.
Le sommet est atteint lors d’une visite à l’hôpital au son de « C’est la lutte finale » rendue par Antoine Blanchet à un ex-employé qui lui pourrit la vie.

Il ne faut pas toujours se fier aux apparences avec Didier Bourdon dans Un bon patron. ©Vertigo Films
Comédie
Un bon patron
Réalisé par Philippe de Chauveron. Avec Didier Bourdon, Catherine Frot, Jean-François Cayrey. 87′
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