On a, en premier lieu, envie de savoir : comment va Louis ?
Il va plutôt bien. On continue le travail quotidien de rééducation, qu’elle soit physique, oculaire ou neurologique. Il a repris le chemin de l’école, en CP cette année, à l’école Camille-Claudel de Mallemort. L’équipe éducative a vraiment été top dans la mise en œuvre. Il y a une enseignante spécialisée dans la basse vision qui vient pour compléter et adapter les supports. Il y a des séances de kiné à la maison, chez tous les spécialistes que l’on voit pour les greffes, les amputations. C’est le train-train habituel, on va dire, avec un moral qui est plutôt bon chez lui.
Comment se passe sa scolarité, précisément ?
Il est très motivé, très content. C’est aussi très fatigant car tout cela lui demande un travail de concentration au-delà de la normale, dès lors que ce n’est pas évident du tout, en termes de vision. Il faut adapter les supports, grossir ce qui est en caractères traditionnels.
Tout ce qui peut paraître simple pour tout le monde, Louis y arrive, mais cela lui demande un effort très important. Malgré tout le travail d’adaptation qui est fait, cela reste éreintant pour lui. Sachant que, souvent, une fois que la journée d’école est terminée, il faut enchaîner avec la rééducation.
Existe-t-il une réelle solidarité avec ses camarades ?
Oui, il y a une très bonne ambiance. Il est régulièrement invité à différents anniversaires, il joue avec eux en cours. Certains restent avec lui lorsqu’il doit rester à l’intérieur, au regard des conditions extérieures. Cela se passe très bien.
Sur sa vision, y a-t-il des améliorations ?
Oui, mais c’est pas dingue. Ça s’améliore davantage, côté droit. Il ne faut pas s’attacher uniquement au bilan chiffré parce que ça veut tout et rien dire, même s’il n’est pas top. On est aux alentours d’un dixième à droite et 0,5 à gauche. Il a malgré tout une acuité certaine.
Louis et son papa Ludovic, à droite, lors d’un tournoi de golf solidaire, au golf de Pont-Royal, en septembre. / PHOTO DR
Pour quelqu’un qui n’est pas au courant de sa déficience, au-delà du fait qu’il ne puisse pas regarder dans les yeux parce qu’il a une atteinte de la vue centrale, souvent on ne fait pas attention. Louis voit à peu près tout, il se déplace, voit les obstacles, les contourne. Au quotidien, cela ne se ressent pas trop, même si c’est très très bas.
Au départ, il y a eu une grande solidarité du territoire, est-ce toujours le cas ?
Oui, il y a toujours une solidarité, encore très présente. Elle est assez bluffante pour nous. Ce n’est évidemment pas aussi prégnant que la première année, et c’est normal. Il y a quand même toujours des actions qui s’organisent, il y a encore des gens qui viennent nous voir pour organiser des événements.
Nous, nous ne sommes pas encore à l’initiative, parce que nous n’arrivons pas encore à le faire, parce que nous ne sommes pas encore à l’aise avec ça, mais nous acceptons toutes ces sollicitations avec plaisir. Comme celle de ce samedi 7 mars. C’est touchant de voir qu’ils suivent Louis, qu’ils ont toujours la même énergie. En plus de ça, cela nous permet, à Louis et à nous, de passer un bon moment.
Ludovic Rosenstein et son fils Louis, un petit Mallemortais plein de résilience et d’énergie. / PHOTO DR
Concert de soutien « Pour la nouvelle vie du petit Louis », samedi 7 mars, à 17h, à la salle des fêtes, en présence de Louis et sa famille. À noter la participation du Chœur des mondes, de la chorale Durance en chœur et de celle de l’école Frédéric-Mistral, avec le soutien de la municipalité. Les bénéfices de la soirée seront reversés à Louis et à sa famille. Entrée : tarif solidaire, sans réservation.