Désert
En priorité, Florence va mettre son énergie dans la recherche d’un nouveau logement. À proximité de son domicile, parce qu’elle n’a pas le choix, selon elle. « Enfant unique, je dois m’occuper en même temps de ma maman qui a subi de lourdes opérations et de ma grand-mère nonagénaire, qui vit en maison de repos à Chimay. » Le sud Hainaut est mal desservi en transport en commun et en services d’accompagnement et de soins, ce qui l’oblige à garder une voiture.
Pour Florence, c’est la quadrature du cercle : « Je vais perdre près de 200 euros par mois d’allocations familiales majorées, alors que je ne perçois aucune pension alimentaire. Je n’aurai plus de chômage à la fin du mois, je vois à ce sujet bientôt le CPAS pour introduire une demande de revenu d’intégration. Enfin, le bien que j’ai retrouvé va me coûter 125 euros de loyer en plus par mois pour des dépenses d’énergie supplémentaires. »
Idées noires
Sa crainte est de s’enfoncer un peu plus dans la précarité. Selon une étude, près de 50 % des familles monoparentales de Wallonie vivent en situation de pauvreté. Parmi leurs chefs de ménage, il y a 88 % de femmes.
Comme des milliers de bénéficiaires en Wallonie, Florence ne va pas pouvoir prétendre au statut d’aidant proche dont elle exercera les fonctions. Conduire sa fille aux rendez-vous médicaux, en centre de santé mentale, en institution pour des ateliers d’inclusion. Encadrer sa maman et sa grand-mère qui n’ont qu’elle.
Avec de l’émotion dans la voix, elle confie être au bout du rouleau. « Je consomme des benzodiazépines et antidépresseurs à hautes doses. Dans des moments de désespoir extrêmes, j’ai même des idées noires. » Les semaines qui arrivent vont encore renforcer la charge mentale. Reprendre une activité professionnelle ? « Ce serait irréaliste… » lâche-t-elle. Avant de se raviser : « Ce serait même impossible, sauf à sacrifier ma famille. »