Au lendemain de la cinglante défaite des républicains aux midterms, le président Donald Trump s’inquiète-t-il pour l’avenir de son héritage politique ? Il semble en tout cas attentif à ce qui restera des décisions prises pour changer l’aspect de la Maison-Blanche et y laisser une empreinte visible. A commencer par le Bureau ovale.

Le président américain qui, du fait de son passé de magnat dans l’immobilier, se targue régulièrement de son goût en matière architecturale, a en effet signé un texte afin que le Bureau ovale, tel qu’il le laissera, ne puisse plus être facilement modifié. « Nous allons en faire un monument national, et il ne pourra être ni touché, ni détruit, ni démoli par des imbéciles qui voudraient construire quelque chose d’une forme légèrement différente », a-t-il déclaré aux journalistes jeudi.

Un « bâtiment sans précédent »

Dans le détail, ce projet de classement, qui doit encore être approuvé par le Congrès, concerne aussi certaines des pièces qui entourent le bureau présidentiel, dont la salle du Cabinet (Cabinet room) qu’il a aussi réaménagée. Le texte précise néanmoins qu’il ne « restreint pas le pouvoir du président de redécorer le monument, de choisir le mobilier ou d’apporter des modifications opérationnelles et de sécurité ordinaire qui ne portent pas atteinte de manière substantielle à la structure historique ou au caractère architectural du monument ». Dont acte pour les futurs présidents.

En tout état de cause, c’est assurément une manière pour lui de faire un premier pas pour tenter d’éviter qu’au-delà du Bureau ovale qu’il a couvert de dorures, les changements plus importants qu’il a opérés ne soient remis en cause. Et notamment la salle de bal.

Un « bâtiment sans précédent », selon les propres mots de Donald Trump, dont la construction a conduit à la mise à bas de l’aile Est de la Maison-Blanche, traditionnellement réservée au bureau de la première dame. Et dont l’avenir divise aussi les démocrates : Gavin Newsom, le gouverneur de Californie, en reconnaissant que « nous devons être des bâtisseurs », semble enclin à ne pas y toucher. Alors que Ruben Gallego, sénateur de l’Arizona, a dit souhaiter vendre la salle de bal « morceau par morceau ».

D’autres projets architecturaux de Donald Trump touchant à la Maison-Blanche pourraient aussi être remis en cause : notamment la plateforme d’hélicoptère qu’il vient de faire construire en lieu et place de la pelouse, mais aussi la terrasse qu’il a fait installer en rasant la célèbre roseraie de Jackie Kennedy.

Laisser son empreinte architecturale

Ses autres projets architecturaux pour la capitale pourraient aussi être dans le collimateur de ses opposants. A commencer par celui de son arche monumentale, qu’il veut plus grande que l’Arc de Triomphe de Paris. Une construction qui fait l’objet de multiples contestations : elle vient d’ailleurs d’être bloquée, dans la nuit de jeudi à vendredi, par un juge fédéral juste après avoir reçu une autorisation de la part de la Commission nationale de planification de la capitale (CNPC).

Donald Trump semble, une fois de plus, faire deux poids, deux mesures pour privilégier ses propres intérêts. La décision de renforcer la protection du Bureau ovale et de la salle du Cabinet contraste avec d’autres, qui ont conduit à réduire celle d’autres sanctuaires nationaux. En juillet dernier, il a par exemple signé des décrets réduisant de plus de 90 % la superficie protégée de deux parcs nationaux du sud de l’Utah, pour autoriser des activités telles que le pâturage, l’exploitation forestière, les loisirs motorisés ou bien encore l’exploitation des ressources.