La séance de qualifications du Grand Prix d’Australie pourrait s’avérer chaotique avec les nouvelles Formule 1 version 2026 selon certains membres du paddock, dont le directeur de l’écurie Haas, Ayao Komatsu.
Les nouveaux moteurs de F1 présentent désormais une répartition proche de 50/50 entre puissance thermique et électrique. Cela met beaucoup plus l’accent sur la gestion de l’énergie, les pilotes devant récupérer et déployer celle-ci de manière stratégique afin de parvenir aux meilleurs temps au tour possibles.
Par conséquent, certaines tactiques inhabituelles pourraient être utilisées en qualifications, en particulier lors des tours de sortie des stands, afin de maximiser le déploiement d’énergie – même si la FIA a réduit la quantité d’énergie récupérable pour limiter le « lift and coast » (c’est-à-dire le fait de lever le pied en fin de ligne droite pour laisser la voiture arriver sur sa lancée jusqu’à la zone de freinage) lors des tours lancés.
Interrogé jeudi sur la possibilité que les qualifications deviennent « totalement chaotiques, avec des pilotes qui se gênent, de la confusion entre les moments où certains commencent et terminent leurs tours, des batteries trop sollicitées [et] des pneus trop froids », Komatsu a répondu par l’affirmative.
« Oui, parce que pour charger la batterie lors du tour de sortie, dans certains virages il faut rouler lentement, mais dans certaines lignes droites il faut être à fond. Mais si vous laissez passer quelqu’un dans la ligne droite où vous devriez justement être à fond, vous êtes fichu, n’est-ce pas ? »
Certaines situations risquent de semer la confusion entre les pilotes.
Photo de : Paul Crock / AFP via Getty Images
« Honnêtement, il y a beaucoup de potentiel pour une catastrophe en qualifications. Mais encore une fois, c’est pour cela que les séances d’essais sont très importantes pour moi : elles permettent de simuler cela autant que possible. »
« Vous ne pouvez pas arriver en Q1 et vivre votre première véritable tentative de qualification à ce moment-là. Non, il faut utiliser certaines séances d’EL1 comme simulation de qualifications – pas forcément en termes de temps au tour, mais plutôt en termes opérationnels. »
« Ensuite, il faut comprendre : ‘Jusqu’à quel point ça va sacrifier la préparation des pneus ? Et quel est le meilleur compromis ?’ C’est un aspect important. Donc oui, ce sera un défi. »
Une partie de la difficulté consistera à conserver une dynamique suffisante pour entamer le tour rapide sans trop vider la batterie, un problème accentué par la nature rapide du circuit d’Albert Park.
« Ici, ce sera un gros problème », estime Komatsu, tout en rappelant : « C’est pareil pour tout le monde. Tout le monde a le même problème. Mais vous entendrez probablement beaucoup de pilotes crier [à la radio], j’en suis sûr. »
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L’avis du Japonais est corroboré par le chef designer de McLaren, Rob Marshall, qui s’attend lui aussi à une situation « très difficile » à gérer.
« Il est très facile de planifier à l’avance », a expliqué Marshall vendredi, « et les années précédentes, vous établissiez votre plan et il n’était pas vraiment perturbé par ce qui se passait 200 ou 500 mètres avant la ligne de départ/arrivée. »
« Vous arriviez toujours à peu près à la bonne vitesse, vous saviez combien d’énergie vous aviez, et vous n’aviez pas vraiment à vous en préoccuper. Mais désormais c’est assez difficile, il faut être parfaitement précis. Oui, le trafic peut vraiment vous compliquer la tâche. »
Le « pire » est à venir, selon Albon
Lando Norris (McLaren)
Photo : Sam Bagnall / Sutton Images via Getty Images
Alex Albon, pilote Williams, a exprimé des inquiétudes similaires après les deux premières séances d’essais libres : « Ce sera très difficile. Pour l’instant, on ne voit pas encore le pire – et c’est déjà très compliqué. »
« Même de notre côté, actuellement, sur certains tours on gagne ou on perd énormément. Au volant, cela ne semble pas toujours logique, mais cela fait simplement partie du processus d’apprentissage. »
Apprendre à éviter ces pièges potentiels : c’est aussi la philosophie de Komatsu, qui insiste sur le fait que les incidents en qualifications ne peuvent pas être réduits à de la simple malchance. « On parle de malchance, mais on ne peut avoir de contrôle que sur ce que l’on peut contrôler, n’est-ce pas ? », fait-il remarquer.
« On essaie de gérer le trafic, mais en faisant nos devoirs, en se préparant mieux, en exécutant correctement les opérations, on réduit au maximum cette part de chance. On ne peut pas l’éliminer complètement, mais il faut mettre sous contrôle tout ce que l’on peut. C’est la façon de réduire les risques. Mais on ne peut pas tout atténuer. »
« Donc oui, il y a forcément une part de chance, mais on ne peut pas simplement rester assis ici et dire : ‘Oh, tout dépend de la chance’. »
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