Dans le centre de « Nieuwpoort-Bad », près de la mer, les prix sont tout aussi élevés, voire davantage, que ce soit pour le neuf ou l’existant. Avec vue sur mer, des deux-chambres dépassent les 800.000 € et des trois-chambres passent la barre du million.
« Nieuport est en train de devenir un deuxième Knokke »
« Il est vrai que les prix ont sensiblement progressé ces dernières années, reflet de l’attractivité croissante de la ville », soutient Hylke Castelain, de l’agence Immo Eecke, présente depuis 130 ans dans la station balnéaire. Derrière ces montants, certains évoquent une « knokkisation » de Nieuport. Tendance accompagnée par une offre commerciale et Horeca dynamique.
« Une atmosphère plus paisible » que Knokke
Mais sur le terrain, cette analogie est nuancée, voire totalement contredite. « On ne veut pas devenir le nouveau Knokke », nous lâche l’échevin Wim Demeester (CD & V). « Nous sommes orientés vers les familles avant tout. »
« La ‘knokkisation’, que signifie réellement ce terme ? S’agit-il du public, du prix ? Nieuport possède avant tout une identité qui lui est propre. Son port de plaisance, par exemple, lui confère un charme et une dynamique uniques, que l’on ne retrouve pas Knokke. La ville attire ainsi un public différent, séduit par son caractère à taille humaine et son ambiance conviviale. D’ailleurs, certains acquéreurs qui se tournaient traditionnellement vers Knokke choisissent aujourd’hui Nieuport, appréciant son atmosphère plus paisible », soutient Hylke Castelain.
Roeland Trooster, des agences Immo François et Chapter, nuance également la comparaison knokkoise. Mais il reconnaît une demande pour les biens « exclusifs ». « On retrouve une clientèle de Knokke qui vient chercher le calme. » Mais ce n’est pas à « Nieuport même » que ces acheteurs plus fortunés jettent leur dévolu, selon lui, mais plutôt le long de la paisible plage de Saint-André et dans le quartier du Groenendijk (Coxyde).
De Nieuport à La Panne, élégance et discrétion vont très bien ensemble
Selon l’agence Immo Eecke, Nieuport reste une station fortement prisée par les habitants de Flandre Occidentale, notamment Courtrai et Roulers. « Ces dernières années, nous constatons également un intérêt croissant de la part des Anversois, tout en continuant à attirer des Bruxellois et des Wallons. »
Un emblématique hôtel renaît
Parmi les projets les plus en vue à Nieuport, « The Grand » apparaît incontournable. Cet emblématique bâtiment « Grand Hôtel », à l’entrée de la digue, a été désossé pour laisser place à des appartements. Une opération patrimoniale qui conserve les façades pour redonner vie à cet immeuble qui fut laissé à l’abandon. « Nous allons cette année poser la nouvelle tour, comme elle était avant la Seconde Guerre mondiale. Ce sera impressionnant », annonce déjà Alexandre Dumont, de VDD Project Development. Lancés en 2020, les travaux devraient être achevés pour l’été 2027. Sur les 70 appartements, il n’en reste que 3 à vendre. « Une telle rapidité, c’est exceptionnel », se réjouit le promoteur. Pour les biens restants dans cet écrin Belle Epoque, il faut compter à partir de 995 000 €.
Autre projet en vogue à Nieuport : Cond’Or. Une nouvelle construction sur la digue, appelée à être achevée fin 2027. Les lots partent entre 900.000 € et 2,5 millions, hors frais. Sur la petite cinquantaine d’appartements, sept sont encore disponibles.
La « porte d’entrée » de Nieuport à refaire
Outre ces projets immobiliers privés, les tiroirs de la commune sont bien remplis de dossiers d’espaces publics. L’Hendrikaplein (partie de la digue du côté de l’Yser) est appelée à être réaménagée, avec un déplacement de l’office du tourisme. « Une véritable plus-value : il s’agit de la porte d’entrée de Nieuport, et ce projet renforcera encore l’image et l’attrait de la ville », se réjouit Hylke Castelain.
Sans oublier, « le » projet de longue date. Les autorités régionales et communales ont en effet de grands plans pour le port de plaisance de Nieuport, appelé à être sensiblement élargi. Il est question, dans ce cadre, d’un millier de logements à venir. « Cela va donner une nouvelle dynamique et motiver les investissements », se réjouit l’échevin Demeester. Mais le dossier a accumulé les retards et bien de l’eau coulera encore dans l’Yser avant de le voir aboutir…