Le petite enveloppe est arrivée, comme chaque année, à l’insu des wallons et bruxellois, dans les boîtes aux lettres flamandes. Ce qu’elle contient mérite de franchir la frontière linguistique.
La zorgkas, cotisation pour la protection sociale flamande, est une taxe que seuls les Flamands doivent payer. Elle coûtait 25 € en 2003, fut portée ensuite à 50 €, puis indexée à 64 €, et elle passe désormais, pour 2026, à 100 €. Chaque adulte flamand de plus de 25 ans est contraint de cotiser. Les Bruxellois, eux, peuvent le faire, sur base volontaire. La zorgkas aide les personnes atteintes d’un handicap, lourdement dépendantes, et les personnes âgées nécessitant une aide.
Cette taxe régionale obligatoire n’est pas juste une preuve de plus du fédéralisme de la Belgique. C’est aussi le témoin d’un pays qui ne soigne plus ses aînés de la même manière selon qu’ils habitent à Hal ou à Hannut.
En Flandre, on a choisi la logique de l’assurance : tu cotises, tu reçois. C’est efficace, financé, mais cela ressemble furieusement à une taxe déguisée sur la solidarité. En Wallonie et à Bruxelles, on s’accroche au modèle social pur, financé par l’impôt général. Résultat ? Une Belgique à deux vitesses, voire à deux vieillesses.
À force de régionaliser les soins, la Belgique finit par organiser la dépendance comme elle organise l’enseignement, la fiscalité immobilière ou l’emploi : chacun chez soi…
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