La Wallonie n’échappe d’ailleurs pas à la dynamique européenne. La députée Bernard rappelait ainsi les dernières statistiques d’Eurostat, qui font également état d’une augmentation marquée des prix des terres agricoles dans l’Union européenne : + 6,1 % en un an.

Terres agricoles : les agriculteurs achètent, les non-agriculteurs vendent

Quelles sont les raisons d’une telle augmentation, en Wallonie du moins ? Pour la ministre que l’on ne peut pas taxer d’ignorance en la matière puisqu’elle est agricultrice, les prix des terres agricoles dépendent de plusieurs facteurs. Ce qui fait que toutes ne connaissent pas les mêmes hausses de prix. « La qualité agronomique des terres, meilleure dans les régions agricoles (sablo-) limoneuse ou du Condroz (Hainaut, Namur, Brabant wallon) qu’en Ardenne ou en région jurassique (Luxembourg) ; la répartition entre les prairies et terres arables, les premières étant plus nombreuses dans le Sud et l’Est de la région et présentant un prix de près de 40 % moins élevé que les secondes, ou encore la proximité frontalière », explique-t-elle.

Revoir les dérives

Le prix du foncier en Wallonie (achat de terres ou location de terres) est un frein réel pour les jeunes agriculteurs qui désirent se lancer ou reprendre l’exploitation familiale. La ministre affirme ne pas être restée sans rien faire. « J’ai lancé des groupes de travail thématiques rassemblant les parties prenantes depuis novembre 2025. Ils travaillent sur divers axes d’amélioration : rendre le bail à ferme plus attractif, revoir les dérives de la réglementation sur la mise en location des biens publics, définir la notion de l’agriculteur actif, etc ».

Les terres agricoles, « un bon investissement » qui coûte cher

Quant à la question des prix des terres agricoles, « elle sera également examinée dans un groupe de travail spécifique. Comme je l’ai déjà souligné à plusieurs reprises, le travail sur le foncier agricole est à la fois complexe et de grande ampleur. Ma volonté n’est pas d’apporter des réponses superficielles, mais bien de renforcer l’accès à la terre pour les agriculteurs qui travaillent réellement la terre, tout en garantissant une sécurité juridique équitable et cohérente pour l’ensemble des acteurs concernés », conclut la ministre.