« Nous sommes fatigués de cette guerre permanente »: en bannissant le Hezbollah, Beyrouth joue son va-tout entre Israël et le chaos

D’abord pour ne pas réitérer l’horreur vécue à Gaza. Ensuite, parce que les réalités politiques sont radicalement différentes. Le Liban est un État pluraliste. Transformer Beyrouth en champ de ruines ne serait pas seulement une opération militaire atroce, ce serait un nouveau basculement régional. Dahiyeh n’est pas seulement un bastion politico-militaire des islamistes du Hezbollah. C’est aussi un espace urbain où vivent des centaines de milliers de civils. Près de 700 000 habitants ont déjà tenté de fuir dans un chaos indescriptible.

Dans un pays déjà à bout de souffle, la catastrophe humanitaire sera vite incontrôlable. Le Liban n’a plus les moyens d’absorber un nouveau choc de cette ampleur. Le transformer en théâtre d’une guerre totale alimentera aussi rancœurs, haines et radicalisations. Israël doit impérativement distinguer le groupe terroriste du reste du pays. Il répète que sa guerre ne vise pas le peuple libanais, mais ses bombardements massifs disent autre chose. Ils disent que le gouvernement Netanyahou ne se limite pas à neutraliser des menaces externes. Sa puissance militaire détruit aussi aveuglément et humilie durablement. Être craint de ses voisins ne peut être une fin en soi.

Alep. Mossoul. Gaza. Le Moyen-Orient compte déjà trop de villes sacrifiées. Beyrouth ne peut pas devenir la suivante.