Malgré l’absence de suspense, notre analyste a autant apprécié la performance de Pogacar que la bagarre derrière lui.

1 « Quand Pogacar est parti, c’était fini »

Un peu comme l’année passée, la victoire en solitaire de Pogacar n’est pas vraiment une surprise. On sait à l’avance ce que lui et son équipe vont faire mais, au final, son attaque de loin fonctionne toujours. Ce qu’il fait reste énorme. On le dit à chaque fois, mais ça reste impressionnant. En tant qu’ancien champion, je mesure la difficulté de ce qu’il réalise, ce qui n’est pas toujours le cas du grand public, qui a parfois tendance à trouver cela ennuyant. Mais… ce n’est pas de sa faute s’il est si fort. C’est comme Mathieu van der Poel sur certaines classiques : ce sont des champions tellement au-dessus qu’ils peuvent gagner de très loin. Ce sont eux qui décident quand ils attaquent. Et ils gèrent les longs raids solitaires à la perfection. Au début, quand le Slovène partait de loin, on se demandait s’il n’allait pas exploser, mais maintenant on sait que non. Il prend vite une minute, il gère, il reçoit un bidon ou un gel et il continue comme ça jusqu’à l’arrivée. C’est la perfection.

Parti seul à 80 kilomètres de l’arrivée, un Tadej Pogacar phénoménal écrase la concurrence sur les Strade Bianche, deux Belges dans le top 102 « Paul Seixas, c’est un nouveau champion »

Paul Seixas a vraiment montré des choses impressionnantes sur ces Stade. Il arrive deuxième en étant seul derrière Pogacar et, à 19 ans, c’est énorme. Il a réussi à lâcher Del Toro dans le final alors que le Mexicain n’avait pas donné un relais pour l’aider et est resté dans sa roue. Cela situe son niveau. Pour moi, c’est un nouveau champion qui arrive dans le peloton. Il est très jeune, il n’a pas 20 ans, et pourtant il est déjà très proche du niveau de Pogacar sur ce type de terrain. S’il continue à progresser, on peut imaginer qu’il devienne un vrai rival dans le futur. Peut-être même le seul capable de le battre un jour sur ce genre de terrain. Mais même si on a envie de s’emballer, il faudra faire attention avec lui. Un coureur si jeune avec autant de talent, il faut le protéger, ne pas lui mettre trop de courses ou trop de pression médiatique. Pour le cyclisme français, dont il est le nouveau chouchou, c’est quelque chose d’extraordinaire.

Le Contre-pied de Jean-Marc Ghéraille : l’avènement du phénomène français Paul Seixas n’est pas une bonne nouvelle pour Remco Evenepoel3 « Van Aert est déjà à un bon niveau »

J’ai presque plus regardé la course derrière Pogacar que le solo du champion du monde et j’ai trouvé les Belges au niveau. Gianni Vermeersch a été vraiment costaud et j’ai trouvé Wout van Aert assez bon ce samedi. Il a comblé des trous, Il a pris de bons relais pour Jorgenson et il était bien dans la course. Ce n’est peut-être pas encore suffisant pour gagner, mais avec la condition qu’il a maintenant, c’est déjà positif en vue des prochaines échéances. Pour moi, il a montré un bon esprit et c’est encourageant pour la période des classiques.

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