Chaque année depuis 2003, la Semaine nationale du rein est organisée au mois de mars. Du 7 au 14 mars, l’accent sera mis sur la prévention et le dépistage des maladies rénales.
Des maladies silencieuses qui touchent un Français sur dix, soit environ six millions de personnes sur le territoire. « Si on ne les détecte pas rapidement, elles peuvent évoluer et provoquer de la dialyse ou encore une greffe », explique le docteur Mohamed-Ali Beikbaghban, directeur du Service de prévention et promotion de la santé chez Filieris. « Il est important de ne pas faire l’autruche en se faisant dépister. »
Qu’est-ce qu’une maladie rénale ?
Les reins sont les filtres de notre corps. Le sang y passe en permanence. « Ils permettent d’éliminer les déchets toxiques présents dans le sang par l’urine, explique le docteur Mohamed-Ali Beikbaghban. Il peut arriver que des trous se forment, laissant passer du sucre, des protéines et des globules rouges, synonyme d’une moindre efficacité du filtre. » Autrement dit, les reins souffrent. Il existe cinq stades de gravité allant d’une détérioration minime à une grave atteinte de la fonction rénale.
Pourquoi est-il important de se faire dépister ?
Déjà, parce que c’est totalement gratuit et rapide. Il suffit d’uriner dans un pot puis d’effectuer un test à l’aide de bandelettes urinaires. À Jarny, plusieurs créneaux sont ouverts les 9, 12 et 13 mars de 9 h à 12 h, le 10 mars de 13 h à 16 h et le mercredi 11 mars de 9 h à 12 h et de 13 h à 16 h, au centre de santé Filieris. Ensuite, c’est important de le faire « parce qu’on peut vivre avec des problèmes rénaux », rassure le spécialiste. « Certaines personnes font don de reins pour des greffes et réussissent à vivre avec un seul rein. » Un rein malade peut « faire souffrir le cœur, les yeux et le cerveau ».
Quels facteurs favorisent les maladies rénales ?
Le premier facteur est le manque d’hydratation. « En France, 75 % de la population ne boit pas assez. » Ensuite, l’hypertension artérielle peut abîmer les reins et provoquer des maladies. Le diabète, qui représente la première cause de dialyse dans le monde, est également un facteur aggravant. « Le tabac est aussi très nocif pour les reins, puisque ce sont eux qui doivent éliminer les substances cancérogènes. »
Comment éviter d’en être atteint ?
D’abord, en prenant soin de soi. Il faut bien s’hydrater, en buvant environ 1,5 litre d’eau par jour, de manière répartie dans la journée. Penser aussi à contrôler régulièrement sa tension, tenter de trouver un équilibre en cas de diabète et éviter de fumer. Pour Mohamed-Ali Beikbaghban, il y a une ligne de conduite à suivre. « Si l’on mange équilibré, que l’on s’hydrate correctement et qu’on pratique une activité sportive régulière, il n’y a pas de raison que les problèmes s’aggravent. » Ensuite, « il faut avouer que la médecine a fait des progrès », confie le médecin. Il y a quarante ans, rien n’était possible pour contrer les maladies rénales. Aujourd’hui, « il existe des médicaments qui permettent de freiner l’évolution des maladies ». Le docteur Mohamed-Ali Beikbaghban pense que « chacun a cinq minutes à consacrer à sa santé, c’est important de se faire dépister ».