Inexorablement, les températures sur notre Planète augmentent. L’Organisation météorologique mondiale (OMM) est claire à ce sujet. Les 11 années qui viennent de s’écouler ont été… les 11 années les plus chaudes jamais enregistrées.
Sans aucun doute, le signe d’un réchauffement climatique dû à nos émissions de gaz à effet de serre qui poursuit son petit bonhomme de chemin. Peut-être même, celui d’une fuite en avant ?
Le réchauffement climatique anthropique s’accélère-t-il ? Beaucoup se posent la question. Mais les réponses manquent de certitudes. Parce que le climat de la Terre est aussi influencé par des facteurs naturels. Ils apparaissent dans les données brutes. En effacer la marque n’est pas si simple.
Pourtant, avec les chiffres qui semblent s’emballer, jamais le besoin n’avait été aussi pressant. Mieux comprendre, c’est ce que des chercheurs du Potsdam Institute for Climate Impact Research (PIK, Allemagne) sont parvenus à faire. Leur conclusion est sans appel : au cours de la dernière décennie, les températures sur notre Planète ont grimpé de plus en plus vite.
Distinguer ce qui est naturel de ce qui est anthropique
Dans les Geophysical Research Letters, les chercheurs détaillent comment ils ont nettoyé les données de température mondiale de l’influence des grands cycles naturels connus de la science : le phénomène El Niño, les éruptions volcaniques et les cycles solaires. « Nous avons appliqué une méthode développée il y a quelques années par Grant Foster [l’un des coauteurs de l’étude, NDLR] pour améliorer le rapport signal/bruit et faire ressortir plus nettement que jamais ce qui relève du réchauffement anthropique dans les données brutes », nous explique Stefan Rahmstorf, chercheur au PIK et auteur principal des travaux.

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Concrètement, les chiffres montrent qu’avec le seul réchauffement climatique anthropique, les années 2023 et 2024, des années exceptionnellement chaudes, auraient été légèrement plus fraîches que ce qu’elles ont été. Elles n’en demeureraient pas moins les deux années les plus chaudes depuis le début des relevés instrumentaux. Et un phénomène commence à se manifester à partir de 2013 ou 2014.

Sur ces graphiques, les principaux facteurs de réchauffement et de refroidissement de 2016 à 2025. Chaque graphique débute en 2016. Le réchauffement anthropique, les puits de carbone naturels et la réduction du dioxyde de soufre (SO₂) – comprenez, la pollution atmosphérique – sont initialisés à zéro en 2016 afin d’illustrer les changements cumulatifs des réservoirs existants. El Niño/La Niña et le cycle solaire montrent leurs influences en temps réel sur la température mondiale, par rapport aux valeurs moyennes. © Michael Wysession, Université de Washington, The Conversation
La limite des 1,5 °C en danger
« Les données corrigées montrent une accélération du réchauffement climatique depuis 2015 avec une certitude statistique supérieure à 98 %, cohérente dans tous les ensembles de données examinés et indépendante de la méthode d’analyse choisie. » Plus exactement, les chercheurs ont pu estimer le taux de réchauffement au cours des dix dernières années à environ 0,35 °C contre un peu moins de 0,2 °C par décennie en moyenne entre 1970 et 2015.
L’étude ne questionne pas les causes de cette accélération. D’autres s’en sont occupés. Ils pointent d’abord du doigt, bien sûr, nos émissions de gaz à effet de serre qui ne cessent d’augmenter. Le résultat d’une demande énergétique toujours croissante liée, entre autres, à l’explosion de l’intelligence artificielle.

Comme ces ours polaires menacés par le réchauffement climatique anthropique et qui semblent en quête de savoir, les scientifiques se demandent depuis quelque temps si la hausse des températures s’est accélérée ces dernières années. Une équipe apporte une réponse qui ne va pas plaire à nos compagnons d’infortune. © Andrew Watson, Adobe Stock
La fonte des glaces, alimentée par le réchauffement, pourrait faire figure d’autre responsable de l’accélération observée. Parce qu’elle laisse apparaître un sol plus foncé et moins à même de renvoyer le rayonnement solaire vers l’espace. Enfin, la pollution atmosphérique. Elle est connue pour avoir un effet rafraîchissant. En la faisant diminuer, nous avons libéré un peu plus le potentiel du réchauffement climatique anthropique.

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Un record vient d’être franchi dans l’atmosphère et ce n’est pas une bonne nouvelle
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« Si le rythme de réchauffement des 10 dernières années se maintient, il entraînera un dépassement durable de la limite de +1,5 °C fixée par l’Accord de Paris avant 2030, estime Stefan Rahmstorf. La vitesse à laquelle la Terre continuera de se réchauffer dépendra en fin de compte de la rapidité avec laquelle nous réduirons à zéro les émissions mondiales de CO2 issues des combustibles fossiles ».