Il y a des polémiques qui disent beaucoup de notre époque. Celle qui vise aujourd’hui Alizée en fait malheureusement partie. Depuis plusieurs jours, la chanteuse de 40 ans est la cible d’une vague de commentaires grossophobes sur les réseaux sociaux. Des messages d’une violence gratuite, parfois même d’une cruauté sidérante, publiés sous une simple vidéo de concert. À lire certains internautes, on pourrait croire que le plus grand crime d’Alizée serait… d’avoir changé. D’avoir grandi. D’avoir vécu. D’avoir aujourd’hui 40 ans, une vie de femme, de mère, d’artiste. Comme si cela était devenu inacceptable. Et franchement, cette fois, c’en est trop !
Une avalanche de moqueries sous une simple vidéo
Tout est parti d’une vidéo publiée le 3 février sur TikTok par un compte fan. On y voit la chanteuse interpréter sur scène la chanson Moi… Lolita, le tube mythique qui l’a révélée au début des années 2000. La scène se déroule dans le cadre de la tournée I Gotta Feeling Tour, un spectacle qui réunit plusieurs artistes emblématiques de cette décennie.
Sur la vidéo, Alizée apparaît radieuse : veste à paillettes, tee-shirt blanc, mini-short et santiags argentées. Elle chante, danse, sourit. Bref, elle fait son métier. Elle donne du plaisir au public venu revivre les tubes d’une époque.
Mais sous la publication, plus de 4 600 commentaires apparaissent. Et certains sont accablants. « Je m’appelle Nutella », « Je m’appelle Loligras », « Je m’appelle Chipolata », « Raclette », « Tartiflette »,
« Coca-Cola », « Elle mange bien la miss », « C’était la fête du sauciflard »…
Inutile de préciser que lire ces phrases en 2026 est sidérant. Non seulement elles sont humiliantes, mais elles sont aussi profondément révélatrices d’un phénomène encore trop banal : la grossophobie ordinaire.
Le corps des femmes, toujours sous surveillance
Le plus frappant dans cette histoire, ce n’est pas seulement la violence des mots. C’est l’idée sous-jacente : celle qu’une femme n’aurait pas le droit de changer. Quand Alizée est devenue célèbre en 2000, elle n’avait que 16 ans. Le titre Moi… Lolita, écrit et produit par Mylène Farmer, a immédiatement fait d’elle une star internationale.
À l’époque, elle incarnait une adolescente : silhouette fine, image juvénile, chorégraphies calibrées. Mais aujourd’hui, Alizée n’a plus 16 ans. Elle a 40 ans, une carrière longue de plusieurs décennies et une vie personnelle riche. Et c’est précisément là que le problème apparaît : une partie du public semble incapable d’accepter cette évolution. Comme si les femmes devaient rester figées dans l’image que l’on a d’elles à 20 ans.
Ce qui arrive à Alizée n’est malheureusement pas un cas isolé. Depuis des années, les femmes célèbres sont jugées en permanence sur leur apparence. Trop maigre. Trop grosse. Trop vieille. Trop maquillée. Pas assez maquillée. Le corps féminin semble être un terrain de commentaires publics permanent. Un espace où chacun se sent autorisé à donner son avis, souvent sans aucune empathie.
Et malheureusement pour elles, les réseaux sociaux ont amplifié ce phénomène. Derrière un écran, certains internautes se permettent des remarques qu’ils n’oseraient jamais formuler dans la vraie vie.
Une société qui doit évoluer
Cette affaire nous renvoie à une question plus large : pourquoi le corps des femmes reste-t-il un sujet de débat public ? Pourquoi attend-on d’une artiste qu’elle conserve éternellement le physique qu’elle avait adolescente ? Pourquoi la prise de poids, les changements du corps, la maternité ou simplement le passage du temps deviennent-ils des motifs de moquerie ?
Ces questions méritent d’être posées. Car derrière les blagues douteuses et les surnoms humiliants, il y a une réalité : la grossophobie continue de faire des dégâts. Et elle ne touche pas seulement les célébrités.
Dans cette vidéo, on voit une femme qui chante, danse et sourit sur scène. Une artiste qui semble heureuse de retrouver son public. Et c’est cela qui devrait compter. Pas un chiffre sur une balance. Pas une silhouette comparée à celle d’une adolescente. Pas les standards irréalistes imposés par une société obsédée par la minceur. Alizée n’est pas « Loligras ». Elle est simplement Alizée. Et cela devrait largement suffire.
Hits & People en continu
Public Radio
Mentionnés dans cet article
Sur le même sujet